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Jean-Marc Fleury : Université Laval
Les scientifiques du monde entier vivent une révolution : les connaissances qu’ils génèrent deviennent accessibles. Les articles scientifiques publiés en accès libre comptent maintenant pour la moitié des articles scientifiques, leur proportion augmente rapidement et l'on peut envisager un avenir où toute publication scientifique sera disponible immédiatement et gratuitement sur internet.
Le projet Pèse-savants, financé par le programme intersectoriel Audace des Fonds de recherche du Québec, a pour objectif le développement d’algorithmes utilisant les descripteurs des articles pour, d’abord, partitionner le corpus scientifique selon différents thèmes, éventuellement selon différentes questions, puis, dans une seconde étape, indiquer quelles conclusions font consensus, lorsqu’il y a consensus.
Initialement, le Pèse-savants sera conçu afin de répondre aux besoins des médias, en particulier des journalistes scientifiques – par exemple, pour leur souligner la relative marginalité des conclusions de certains articles; ultimement, il sera accessible au public, gratuitement, sur l'internet.
Le Centre d’étude sur les médias de l’U. Laval dirige l’équipe de recherche qui comprend des spécialistes du département de Physique de l’U. Laval, de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’U. de Montréal, du Science Media Centre d’Allemagne, de Retraction Watch des É.-U. et de la Chaire de journalisme scientifique Bell Globemedia de l’U. Laval.
Dans un monde où l’information, souvent générée par l’utilisateur.rice, circule de plus en plus vite sans passer par un processus de validation, science et pseudoscience se côtoient, ce qui contribue à la confusion, au désintérêt et à la perte de confiance du public dans la recherche.
En considérant que l’acceptation et le rejet de la science ont des racines idéologiques différentes selon la problématique abordée, il ne suffit plus de générer une synthèse efficace de la recherche : les vulgarisateur.rice.s scientifiques doivent également rejoindre le public au-delà de ses diverses prédispositions idéologiques. En cette époque où des enjeux majeurs dépendent de la capacité de chaque individu à prendre des décisions basées sur des faits scientifiques, il paraît nécessaire d’outiller la communauté scientifique pour qu’elle communique une science claire, juste et accessible, tout en minimisant les interventions menant à la polarisation du public.
Tous les grands organismes subventionnaires canadiens reconnaissent que le transfert de connaissances est essentiel à l’adoption de pratiques et de politiques basées sur des données probantes, et plusieurs placent maintenant le transfert de connaissance à égalité avec la production de savoir dans leur mandat. Cependant, peu de chercheur.se.s se considèrent comme des expert.e.s en transmission du savoir, et certain.e.s peuvent se trouver démuni.e.s lors d’interactions avec un public peu ouvert à la logique scientifique ou ancré dans des idéologies polarisantes. Notre colloque, qui débute par une conférence suivie d’une session de communications orales sélectionnées, a pour objectif de mieux comprendre les barrières à la communication. Nous proposons ensuite deux ateliers pratiques, l’un visant à outiller les chercheur.se.s pour s’engager dans un débat constructif efficace, l’autre permettant aux scientifiques de se former à la production d’outils de dissémination. Finalement, la journée sera clôturée par une table ronde réunissant scientifiques, communicateur.rice.s scientifiques et public.
Titre du colloque :