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Edouard Christian Djob-li-kana : Université de Douala
Les mythes africains sont si nombreux et variés qu’il est difficile d’en faire un panorama exhaustif. Néanmoins, on peut les regrouper autour de trois points : l’existence d’un Dieu suprême inaccessible aux humains et régnant sur l’Univers ; la présence d’un large nombre de divinités jouant le rôle d’intercesseurs entre le Dieu suprême et les hommes; enfin, l’importance de diverses sortes d’esprits et de génies liés à de nombreux aspects de la vie quotidienne. Au fait, les mythes sont des récits oraux, fictifs, d’essence religieuse qui fondent l’imaginaire du groupe africain. Ce sont des récits traditionnels, diffusés aujourd’hui par de multiples matériaux modernes tels que le roman, le film, etc.
Mon travail montre comment le roman francophone contemporain diffuse les mythes; comment il réécrit les mythes. En s’inspirant des travaux sur la traduction littéraire de Lawrence Venuti (The translator’s invisibility : a history of translation, Routledge, Londres/ New York, 1995), notamment des concepts de foreignization et de domestication, ce travail indique comment les différences littéraires, langagières et culturelles sont traitées dans les transferts textuels de l’œuvre orale au roman. Au fait, ce travail décrit les pratiques et les enjeux autour de la réécriture des récits oraux africains.
Nous retrouvons l’adaptation de textes sous une multitude de formes et nous y avons recours dans plusieurs domaines différents. Pour certains, l’adaptation de textes est un processus de reterritorialisation du texte de départ (Brisset, 1986). D’autres la définissent comme une forme de naturalisation visant à produire le même effet que l’original (Santoyo, 1989). L’adaptation Web, pour sa part, suppose la révision et la modification de l’ensemble des aspects communicationnels d’un document (Kavanagh, 2007). S’il peut être utile de dresser une typologie de l’adaptation de textes, nous devons tenir compte du fait qu’elle se moque bien de la sempiternelle fidélité absolue à l’original : dans tous les cas, elle sollicite la créativité du langagier, qu’il soit rédacteur ou traducteur. Cette activité est donc davantage de l’ordre de la recréation que de la traduction ou de la rédaction. Cependant, adaptation de textes ne saurait rimer avec liberté inconditionnelle. En effet, c’est l’existence de limites qui permet la définition d’un espace de l’adaptation et, par là même, de l’activité rédactionnelle ou traduisante. Les règles servent de tremplin à la création au sein de limites préétablies.
Ce colloque aimerait susciter une prise en compte des dimensions culturelle et interdisciplinaire de l’adaptation de textes. En effet, celle-ci s’impose de façon différente selon les domaines, les situations et les cultures. Dès lors, le défi est double, car il faut négocier l’adaptation entre un contexte global et territorial.
Ce colloque interdisciplinaire invite des communications sur l’adaptation de textes (depuis ou vers le français et l’anglais si le thème est la traduction) dans les domaines littéraire ou pragmatique : adaptation cinématographique, traduction théâtrale, publicitaire ou audiovisuelle, vulgarisation de textes scientifiques ou techniques, adaptation Web, rédaction devant tenir compte de supports choisis, de publics visés ou de contraintes éditoriales, etc.
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