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Quelle place pour les fonctions d’évaluation et de reddition de comptes dans l’administration publique ? Le cas de la fonction publique fédérale canadienne

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Geneviève Tellier : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

De nos jours, il devient de plus en plus difficile d’obtenir les ressources nécessaires pour créer ou maintenir des programmes publics en raison de la quantité limitée de ces ressources. Face à cette situation, bon nombre de gouvernements tentent de mettre en place des mécanismes de surveillance et de contrôle afin que les ressources disponibles soient utilisées le plus efficacement possible. La plupart de ces mécanismes cherchent à effectuer l’une des deux fonctions suivantes : l’évaluation des programmes et la reddition de comptes. L’évaluation de programme a pour objectif d’estimer les effets des programmes et d’analyser si ces effets correspondent aux résultats recherchés. La reddition de compte vise plutôt à mettre en place des règles d’utilisation optimale des ressources et à vérifier par la suite si ces règles ont été suivies. Bien que ces deux fonctions soient différentes et cherchent chacune à atteindre des objectifs qui leur sont propres, on constate que leur mise en œuvre entraîne parfois une certaine confusion. C’est tout particulièrement le cas dans l’appareil fédéral, alors qu’une véritable politique d’évaluation tarde à voir le jour. Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette situation : difficulté de mesurer les résultats, confusion entre l’examen des politiques publiques et de la gestion publique, popularité de la fonction d’audit, etc. Notre présentation a pour objectif de discuter de ces différentes facettes et des enjeux qui les sous-tendent.

Résumé du colloque

En juin 2013, le gouvernement canadien a donné le coup d’envoi à Objectif 2020, une initiative de mobilisation de la fonction publique fédérale axée sur le dialogue et l’innovation. Les activités de concertation réalisées dans le cadre de ce projet, impliquant plus de 110 000 fonctionnaires, ont permis de déterminer des pistes de modernisation de la fonction publique, lesquelles ont été présentées en mai 2014 par le greffier du conseil privé dans un rapport intitulé Destination 2020. Ce document présente une vision qui repose sur quatre grands principes : la mobilisation des citoyens, l’amélioration des services, l’utilisation de nouvelles technologies et la contribution d’un effectif compétent et performant. Cette vision se décline en cinq domaines d’action prioritaires mis en œuvre par les organisations fédérales : pratiques novatrices et réseautage, processus et habilitation, technologie, gestion des personnes et principes fondamentaux de la fonction publique.

Depuis la présentation de Destination 2020, le contexte a grandement évolué et la fonction publique fédérale a dû adapter ses structures, ses pratiques et ses compétences afin de relever de nouveaux défis. Le colloque proposé réunit fonctionnaires et chercheurs pour faire le point sur divers aspects de la modernisation de l’administration publique fédérale. Des chantiers importants, tels que la diversité, l’innovation et les nouvelles technologies, la prise de décision, la mesure du rendement et l’évaluation, ainsi qu’un retour aux principes d’Objectif 2020 seront à l’ordre du jour.

Des chercheurs et praticiens font un tour d’horizon des jalons franchis en matière de représentativité de la population et de la diversité canadiennes au sein de la fonction publique canadienne, et discutent des défis à relever en ce qui a trait aux pratiques inclusives. D’autres discutent, entre autres, des technologies numériques qui modifient considérablement le travail de la fonction publique. Le thème de la prise de décision permet d’en apprendre sur les facteurs organisationnels qui influencent la prise de décision, et sur les façons d’améliorer la qualité des processus décisionnels organisationnels. Au sujet de la mesure de rendement et de l’évaluation, des participants abordent les enjeux des différentes cultures organisationnelles et le manque d’intégration des informations d’un palier hiérarchique à un autre au sein du gouvernement du Canada. Par ailleurs, une recherche menée auprès des directions d’évaluations fédérales est présentée pour exposer les enjeux relatifs à l’élaboration et à la mise en œuvre des recommandations visant à améliorer les programmes.

En somme, les chercheurs et praticiens offrent des perspectives complémentaires qui permettent de mieux comprendre l’état de la situation, tout en suggérant des pistes d’amélioration pour l’avenir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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