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Michèle Charbonneau : École nationale d'administration publique
De nombreux auteurs ont approfondi les difficultés de prendre des décisions de qualité, qu’il s’agisse de décisions individuelles ou collectives, prises dans un contexte politique ou organisationnel. Parmi eux, Christian Morel (2002; 2014) a fait le pari de se pencher sur les décisions qui ont conduit à des erreurs radicales et persistantes afin de mieux comprendre les défis des processus décisionnels qui se soldent de façon plus courante par des résultats «médiocres», mais aussi parfois par des résultats «extraordinaires». L’intérêt de la sociologie des erreurs radicales et persistantes ou, encore, de la sociologie des décisions «absurdes», provient du renouveau qu’elle apporte à l’analyse cognitive de la décision, autour de la notion de bricolage cognitif, et des liens qu’elle tisse entre l’analyse cognitive et l’analyse collective des processus décisionnels, à l’aide de la notion d’anticipations croisées. Après avoir rappelé les principales théories de la décision dont Morel prend le contre-pied, l’exposé présentera les principales thèses de l’auteur et les limites de sa réflexion. Seront ensuite abordés les principaux facteurs organisationnels qui influencent les processus décisionnels et quelques pistes de solution visant à améliorer la qualité des processus décisionnels organisationnels.
En juin 2013, le gouvernement canadien a donné le coup d’envoi à Objectif 2020, une initiative de mobilisation de la fonction publique fédérale axée sur le dialogue et l’innovation. Les activités de concertation réalisées dans le cadre de ce projet, impliquant plus de 110 000 fonctionnaires, ont permis de déterminer des pistes de modernisation de la fonction publique, lesquelles ont été présentées en mai 2014 par le greffier du conseil privé dans un rapport intitulé Destination 2020. Ce document présente une vision qui repose sur quatre grands principes : la mobilisation des citoyens, l’amélioration des services, l’utilisation de nouvelles technologies et la contribution d’un effectif compétent et performant. Cette vision se décline en cinq domaines d’action prioritaires mis en œuvre par les organisations fédérales : pratiques novatrices et réseautage, processus et habilitation, technologie, gestion des personnes et principes fondamentaux de la fonction publique.
Depuis la présentation de Destination 2020, le contexte a grandement évolué et la fonction publique fédérale a dû adapter ses structures, ses pratiques et ses compétences afin de relever de nouveaux défis. Le colloque proposé réunit fonctionnaires et chercheurs pour faire le point sur divers aspects de la modernisation de l’administration publique fédérale. Des chantiers importants, tels que la diversité, l’innovation et les nouvelles technologies, la prise de décision, la mesure du rendement et l’évaluation, ainsi qu’un retour aux principes d’Objectif 2020 seront à l’ordre du jour.
Des chercheurs et praticiens font un tour d’horizon des jalons franchis en matière de représentativité de la population et de la diversité canadiennes au sein de la fonction publique canadienne, et discutent des défis à relever en ce qui a trait aux pratiques inclusives. D’autres discutent, entre autres, des technologies numériques qui modifient considérablement le travail de la fonction publique. Le thème de la prise de décision permet d’en apprendre sur les facteurs organisationnels qui influencent la prise de décision, et sur les façons d’améliorer la qualité des processus décisionnels organisationnels. Au sujet de la mesure de rendement et de l’évaluation, des participants abordent les enjeux des différentes cultures organisationnelles et le manque d’intégration des informations d’un palier hiérarchique à un autre au sein du gouvernement du Canada. Par ailleurs, une recherche menée auprès des directions d’évaluations fédérales est présentée pour exposer les enjeux relatifs à l’élaboration et à la mise en œuvre des recommandations visant à améliorer les programmes.
En somme, les chercheurs et praticiens offrent des perspectives complémentaires qui permettent de mieux comprendre l’état de la situation, tout en suggérant des pistes d’amélioration pour l’avenir.