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Amandine Tourtet : Université Laval
Adapter un texte en fonction du public ciblé, écrire pour son lecteur suppose de définir au préalable ce lecteur. Le besoin subsiste pour le rédacteur professionnel de segmenter l’utopique public générique en différents publics collectifs localement et socialement situés. Toutefois, segmenter ne veut pas pour autant dire verser dans le cas par cas individuel et chercher à élucider le lecteur réel, tout aussi insaisissable en raison de son irréductible singularité.
Dans un contexte où plus de la moitié de la population québécoise est déclarée insuffisamment littératiée (Desrosiers et al., 2015), le niveau de compétences individuelles en lecture et en écriture (appelé littératie) s’est imposé comme un critère légitime pour discriminer entre les différents publics. Écrire pour son lecteur, a fortiori lorsqu’il s’agit d’écrits utilitaires destinés à la masse, devient bien souvent écrire pour le faible lecteur, qui tend invariablement à être défini en référence aux enquêtes internationales sur la littératie. Or, tenir ainsi pour acquis que l’on sait qui sont lesdits faibles lecteurs, que l’on est parvenu à en déterminer les caractéristiques distinctives et à en mesurer le nombre est loin d’être évident.
Il en va de la responsabilité de chaque professionnel de la rédaction de prendre du recul par rapport au lieu commun sur les faibles lecteurs qui structure aujourd’hui l’adaptation de textes selon les niveaux de littératie.
Nous retrouvons l’adaptation de textes sous une multitude de formes et nous y avons recours dans plusieurs domaines différents. Pour certains, l’adaptation de textes est un processus de reterritorialisation du texte de départ (Brisset, 1986). D’autres la définissent comme une forme de naturalisation visant à produire le même effet que l’original (Santoyo, 1989). L’adaptation Web, pour sa part, suppose la révision et la modification de l’ensemble des aspects communicationnels d’un document (Kavanagh, 2007). S’il peut être utile de dresser une typologie de l’adaptation de textes, nous devons tenir compte du fait qu’elle se moque bien de la sempiternelle fidélité absolue à l’original : dans tous les cas, elle sollicite la créativité du langagier, qu’il soit rédacteur ou traducteur. Cette activité est donc davantage de l’ordre de la recréation que de la traduction ou de la rédaction. Cependant, adaptation de textes ne saurait rimer avec liberté inconditionnelle. En effet, c’est l’existence de limites qui permet la définition d’un espace de l’adaptation et, par là même, de l’activité rédactionnelle ou traduisante. Les règles servent de tremplin à la création au sein de limites préétablies.
Ce colloque aimerait susciter une prise en compte des dimensions culturelle et interdisciplinaire de l’adaptation de textes. En effet, celle-ci s’impose de façon différente selon les domaines, les situations et les cultures. Dès lors, le défi est double, car il faut négocier l’adaptation entre un contexte global et territorial.
Ce colloque interdisciplinaire invite des communications sur l’adaptation de textes (depuis ou vers le français et l’anglais si le thème est la traduction) dans les domaines littéraire ou pragmatique : adaptation cinématographique, traduction théâtrale, publicitaire ou audiovisuelle, vulgarisation de textes scientifiques ou techniques, adaptation Web, rédaction devant tenir compte de supports choisis, de publics visés ou de contraintes éditoriales, etc.
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