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Alexandre Jay : Université de Montréal
En recherche, l’anglais domine largement les pratiques en matière de communication, que ce soit auprès des pairs ou du grand public. Il est alors difficile de faire prévaloir auprès de la communauté scientifique l’importance de diffuser leurs résultats de recherche en français. Et quand ils sont prêts à faire le geste, les chercheuses et chercheurs sont confrontés à différentes difficultés : manque d’expérience, manque de temps de préparation, mauvaise connaissance de leur audience, etc. D’autant plus qu’une grande majorité des ressources, conseils et formations disponibles en ligne sont en anglais. Comment alors améliorer ces compétences et soutenir les chercheurs et chercheuses francophones à prendre plus facilement la parole dans l’espace public ou lors de grandes conférences avec leurs confrères? Pour répondre à cette problématique, l’Agence universitaire de la Francophonie s’est associée (AUF) avec l’Acfas pour développer la première plateforme numérique visant à outiller et former la communauté scientifique à communiquer leurs résultats de recherche à divers publics. Intitulée, RaccourSci, la communication scientifique sans détour, propose des ressources en français tant sur la rédaction d’articles que sur la prise de parole ou la réalisation d’une affiche scientifique.
Dans un monde où l’information, souvent générée par l’utilisateur.rice, circule de plus en plus vite sans passer par un processus de validation, science et pseudoscience se côtoient, ce qui contribue à la confusion, au désintérêt et à la perte de confiance du public dans la recherche.
En considérant que l’acceptation et le rejet de la science ont des racines idéologiques différentes selon la problématique abordée, il ne suffit plus de générer une synthèse efficace de la recherche : les vulgarisateur.rice.s scientifiques doivent également rejoindre le public au-delà de ses diverses prédispositions idéologiques. En cette époque où des enjeux majeurs dépendent de la capacité de chaque individu à prendre des décisions basées sur des faits scientifiques, il paraît nécessaire d’outiller la communauté scientifique pour qu’elle communique une science claire, juste et accessible, tout en minimisant les interventions menant à la polarisation du public.
Tous les grands organismes subventionnaires canadiens reconnaissent que le transfert de connaissances est essentiel à l’adoption de pratiques et de politiques basées sur des données probantes, et plusieurs placent maintenant le transfert de connaissance à égalité avec la production de savoir dans leur mandat. Cependant, peu de chercheur.se.s se considèrent comme des expert.e.s en transmission du savoir, et certain.e.s peuvent se trouver démuni.e.s lors d’interactions avec un public peu ouvert à la logique scientifique ou ancré dans des idéologies polarisantes. Notre colloque, qui débute par une conférence suivie d’une session de communications orales sélectionnées, a pour objectif de mieux comprendre les barrières à la communication. Nous proposons ensuite deux ateliers pratiques, l’un visant à outiller les chercheur.se.s pour s’engager dans un débat constructif efficace, l’autre permettant aux scientifiques de se former à la production d’outils de dissémination. Finalement, la journée sera clôturée par une table ronde réunissant scientifiques, communicateur.rice.s scientifiques et public.
Titre du colloque :