Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Barbara Sousa : UQAM - Université du Québec à Montréal
À partir de l’analyse thématique de l’histoire de vie de sept immigrants LGBTQ de différentes origines ethnoculturelles qui habitent au Québec, cette communication montrera plusieurs aspects en commun, en ce qui concerne le vécu traversé par l’intersectionnalité de certaines catégories de pouvoir comme l’orientation sexuelle, l’identité de genre, l’ethnie, et la religion, pour n’en nommer que quelques-unes. À travers des cadres théoriques intersectionnels, l’identification des systèmes de pouvoirs contraignants auxquels les participants font face presque quotidiennement a été rendue possible. L’analyse thématique nous a permis d’écouter les individus sur le terrain pour connaître les catégories de pouvoir et les systèmes d’oppression dont ils parlent. Le but étant de placer les répondants comme des sujets connaissants et non simplement comme des objets d’étude. Les entrevues démontrent que les individus LGBTQ qui expriment une combinaison variée d’identités confrontent des défis spécifiques liés au parcours migratoire. Les données recueillies ont été obtenues dans le cadre du volet qualitatif du projet de recherche SAVIE-LGBTQ qui a été approuvé par le Comité éthique de l’UQAM et de l’UQO.
S’inscrivant dans une perspective intersectionnelle et critique, ce colloque met de l’avant les parcours multiples et complexes qui sont partagés par des personnes LGBTQ migrantes, réfugiées et/ou issues de la diversité ethnoculturelle. Dans un contexte social où les normes de genre et de sexualité associées aux immigrants tendent à être reléguées au conservatisme et à la répression et celles des sociétés occidentales au libéralisme et à l’émancipation, il semble important de réfléchir sur cette tension telle qu’elle se répercute véritablement dans le parcours des personnes migrantes et racisées qui s’identifient comme LGBTQ. En plus de remettre en question et de potentiellement participer à une reconceptualisation du récit dominant de l’« identité gaie », lequel repose historiquement sur des présomptions fortes de visibilité et de « sortie du placard », la mise en lumière des parcours de ces personnes vivant à l’intersection de multiples axes d’oppression fait apparaître la compréhension qu’elles ont d’elles-mêmes, de leurs identités et de leurs pratiques. Les personnes migrantes et/ou racisées qui revendiquent une identité LGBTQ+ ou toute forme de sexualité non normative ne peuvent être réduites à de simples modèles d’assimilation de la culture occidentale dominante alors que leurs revendications identitaires émergent de dynamiques de pouvoir complexes qui s’inscrivent à l’intersection de la migration et des transformations culturelles que cette dernière provoque souvent. Ces réflexions sont également soutenues par le souci de ne pas homogénéiser les vécus de ces personnes, alors que certaines, comme les femmes trans racisées, connaissent des parcours difficiles et peu étudiés. Ce colloque permet un espace d’échange et de discussion entre personnes concernées, chercheur.se.s, militant.e.s et allié.e.s afin de nuancer le cadre d’interprétation encore trop fortement dichotomique, impensé ou invisible du parcours des personnes migrantes et de minorités sexuelles.
Titre du colloque :
Thème du colloque :