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Laurent Bourdeau : Université Laval
Les guides touristiques accueillent les visiteurs et représentent, en quelque sorte, les résidents. Par définition, les guides possèdent un rôle de prescripteur, montrent le chemin, conseillent et rythment la marche sur le territoire touristique. De leur côté, les visiteurs ne connaissant pas ou peu un territoire, peuvent paraître vulnérables et attribuer au guide touristique un rôle essentiel dans son accueil. Ces dernières années, de nombreuses transformations ont affecté le rôle des guides. Alors que certaines villes possèdent une réglementation qui exige un permis pour l’exercice de cette fonction, d’autres abandonnent cette réglementation. L’expertise des guides n’est plus la seule à attirer l’intérêt des visiteurs. Ces derniers se laissent volontiers charmer par l’accueil spontané et « authentique » du propriétaire du logement qu’il loue, ou encore par le résident amoureux de sa ville qui propose – gratuitement – la visite des lieux fréquentés par les « vrais » habitants. La technologie n’est pas en reste. Le visiteur a ainsi possibilité de faire sa visite de façon autonome, guidé par un satellite, en écoutant une narration de haute qualité, et ayant la chance de voir, sur son écran, les détails microscopiques des objets patrimoniaux pourtant « cachés ». Dans un contexte de multiplication des offres, quels arguments militent pour la règlementation de la fonction des guides au sein des villes ?
Avec 1,23 milliard de touristes internationaux en 2016 (UNWTO, 2017) et une prévision de 1,8 milliard pour 2030, le tourisme est un phénomène majeur de notre époque. La mobilité induite par le tourisme est au coeur des sociétés contemporaines, mais ces dernières sont aussi transformées par cette mobilité (Urry, 2007). En effet, les grands phénomènes environnementaux, sociaux et politiques traversent la question du tourisme : changements climatiques, réaménagement urbain, réfugiés, terrorisme, dématérialisation de l’économie et TIC, gentrification, etc. Le tourisme s’inscrit dans ces phénomènes qu’il transforme, voire intègre, d’où l’importance d’aborder la question du tourisme comme fait de société géographiquement situé.
Que ce soit dans la dimension sociale ou dans la dimension territoriale, le regard sur le tourisme ne peut en être un du tout blanc ou du tout noir. Le colloque propose de poser un regard critique sur ces phénomènes pour déterminer et analyser les lignes de tensions sociogéographiques produites par le tourisme, mais aussi internalisées par celui-ci, et ce, afin de mieux comprendre l’impact de ces lignes de tensions sur le tourisme, le territoire et la société, au Québec et ailleurs.
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