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Réalité virtuelle et applications sexologiques : états des connaissances

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David Lafortune

Résumé de la communication

Le développement rapide des nouvelles technologies est en passe de révolutionner le domaine de la santé mentale (Freeman et al., 2017). En outre, la réalité virtuelle (RV) permet d'explorer l’expérience subjective des personnes souffrant de troubles mentaux et leur offrir de nouveaux apprentissages pour leur bien-être (Baus & Bouchard, 2014; Riva, 2005). En sexologie, il convient aujourd’hui d’étudier les applications de la RV, tant pour l’avancement des connaissances sur les facteurs associés à la détresse sexuelle, que pour le développement de modes d’intervention novateurs pour le bien-être sexo-relationnel, de l’érotisme et de l’intimité.

Cette communication présentera les résultats d’une recension sur les applications de la RV dans le champ de la recherche en sexologie. L’état des connaissances amène à cibler deux avenues prometteuses pour l’étude de la fonctionnalité sexuelle et l’intervention en contexte de dysfonctions sexuelles : 1) la RV permettrait d’initier les réponses psychophysiologiques typiques des troubles sexuels douloureux ou ceux pour lesquels l’anxiété est un facteur étiologique central; 2) les traitements psychologiques médiés par la RV permettraient de contourner plusieurs défis posés par les traitements traditionnels en sexothérapie. La recherche sur les technologies du virtuel devra s’attacher à circonscrire les difficultés sexuelles et les conditions étiologiques représentant des indications privilégiées pour l’utilisation de la RV en sexothérapie.

Résumé du colloque

La fiction d’anticipation annonce depuis longtemps l’avènement de robots dotés de capacités et fonctions sexuelles (sexbots). Depuis quelques années, la réalité rejoint la fiction. Parallèlement à l’explosion des nouvelles technologies sexuelles immersives (p. ex., la pornographie en réalité virtuelle (RV) et en réalité augmentée (RA)), aux premières applications d’intelligence artificielle (IA) à la pornographie ainsi qu’au développement d’agents conversationnels sexualisés, les premiers prototypes de poupées sexuelles dotées d’IA et de capacités animatroniques sont présentement développés et mis en marché. Certains chercheurs constatent déjà la croissance rapide et importante des relations intimes avec des partenaires virtuels et mécatroniques. Du point de vue de l’industrie des technologies sexuelles, cette innovation permettra de combler des besoins chez les millions de consommateurs de jouets sexuels et procurera des bénéfices encore inédits aux personnes célibataires, isolées ou handicapées. Toutefois, l’émergence de ces nouveaux artéfacts sexuels laisse présager des conséquences insoupçonnées; des mouvements sociaux opposés à leur développement se sont déjà formés, notamment la Campaign Against Sex Robots (depuis 2015). Les premiers chercheurs anglophones ayant abordé la problématique des robots sexuels, à la suite du philosophe John Danaher, sont divisés sur la question : certains dénoncent les risques (p. ex., la promotion de normes sexuelles néfastes), alors que d’autres défendent leur potentiel positif (p. ex., les applications médicales et thérapeutiques). Néanmoins, les études scientifiques du sujet demeurent limitées et très spéculatives; aucun modèle théorique sérieux n’a été proposé jusqu’à maintenant pour étudier ces phénomènes. Le présent manque de recherche entraîne de graves incertitudes quant au développement et à l’encadrement futur de l’industrie de la robotique sexuelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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