Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Sunami Inoue : Université de Strasbourg
Au Japon, depuis les années 2000, on observe chez les écoliers des problèmes sur les plans psychologique et social se manifestant de plusieurs façons : faible estime de soi, refus d’aller à l’école, tendance dépressive et suicide notamment à la suite d’expériences de violence à l’école. C’est dans ce contexte que ce qu’on appelle l’éducation à la vie se développe en prônant et en enseignant le respect de la vie – se respecter, puis respecter les autres.
Un des objectifs de cette recherche – effectuée dans le cadre de mon doctorat – consistait à mieux comprendre ce qui amène les enseignants à s’engager dans l’éducation à la vie, tout en examinant le lien avec leur histoire personnelle et leurs expériences professionnelles. S’appuyant sur la stratégie globale de la grounded theory, plus techniquement sur l’analyse des données qualitatives proposée par Miles et Huberman, 14 récits de vie ont été examinés et analysés non seulement en tant qu’étude de cas mais aussi en vue de la construction conceptuelle.
Ce travail m’a permis d’identifier trois éléments conduisant l’enseignant à pratiquer l’éducation à la vie : l’amour pour les élèves, la responsabilité à leur égard, et la conviction pour exercer ce métier. Enfin, je conclus que les deux dernières catégories rejoignent respectivement l’éthique de la responsabilité et l’éthique de la conviction, selon les conceptualisations opérées par Marx Weber.
Le récit de soi comporte une puissance qui conjugue les dynamiques de formation de soi et de compréhension du monde (Dominicé, 1990; Leray, 1995; Pineau, 2006). Par le passage de l’expérience au langage et le travail de mise en mots du vécu, des processus de compréhension de soi et d’intercompréhension biographique peuvent advenir, permettant de produire de nouvelles connaissances (Breton, 2017). Dans ce colloque, nous interrogeons les usages contemporains des récits de vie en situant leurs ancrages théoriques et en déployant des aspects méthodologiques afin de caractériser les effets de compréhension qu’ils génèrent à la fois chez les chercheurs et chez les sujets qui s’impliquent.
L’utilisation des récits de vie en sciences sociales et humaines à des fins de recherche est loin de s’épuiser si l’on considère l’élargissement et la multiplicité de son emploi dans différents champs. Initialement employés en histoire, en anthropologie et en sociologie (Gottschalk, Kluckhohn et Angell, 1945), ils le sont à présent dans d’autres domaines (psychologie, travail social, sciences de la santé, sciences de l’éducation, etc.). La diversité des applications touche les aspects méthodologiques de l’emploi des récits de vie et concerne aussi les ancrages théoriques qui les orientent (interactionnisme symbolique, phénoménologie, ethnométhodologie, herméneutique, entre autres) (Bernard, 2014; Breton, 2019; Finger, 1984; Legrand, 1992; Malet, 2000; Woods, 1990). Les personnes et groupes sociaux concernés par les récits sont également diversifiés et les objets théoriques sont pluriels : décrochage scolaire, résilience, incidents critiques, événement biographique, pour en nommer quelques-uns (Barrère, 2002; Bessin, 2009; Demba, 2012; Lani-Bayle et Slowik, 2016). Le colloque est l’occasion, par l’exposition de recherches provenant des champs de l’éducation, de la formation et de la santé, d’examiner, de caractériser et de mettre à jour : les protocoles de recherche mobilisant le récit dans une visée compréhensive; les procédés de catégorisation propres à l’analyse de contenu lors des enquêtes narratives; les effets de compréhension et les connaissances produites par les approches narratives et biographiques (Delory-Momberger, 2017; Poirier, Clapier-Valladon et Raybaud, 1996).
Titre du colloque :
Thème du colloque :