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Nicolas Beck : Université de Lorraine
Depuis 2016, l’Université de Lorraine accompagne ses doctorants à pratiquer la médiation scientifique à travers un média original : la bande dessinée. Un travail de formation a été réalisé auprès de jeunes chercheurs, accompagnés par des médiateurs scientifiques et des dessinateurs, pour scénariser et illustrer les travaux de recherche de 33 doctorants sélectionnés pour les finales du concours Ma Thèse en 180 secondes. La collaboration a donné lieu à des échanges durant plusieurs semaines pour s’accorder sur la narration, sur le style choisi, sur l’image du doctorant dans la bande dessinée, et bien entendu sur le contenu scientifique vulgarisé. Le résultat de cette formation s’est concrétisé par l’édition de 4500 ouvrages ainsi qu’une édition nationale sortie en librairie. Une déclinaison sous forme d’exposition a été produite, tandis qu’une version numérique a été publiée sur The Conversation France.
Cette communication propose de présenter les grandes lignes de ce projet, afin d’apporter un témoignage concret de collaboration originale médiateur scientifique / illustrateur / chercheur. Nous nous interrogerons sur la façon de penser une telle production, sur ses objectifs précis, sur le message à faire passer et sur les publics ciblés. Comment la bande dessinée permet-elle de briser des frontières entre publics et chercheurs ? Quelle est la valeur ajoutée de ce média et quelles en sont ses limites ? Comment travailler avec des chercheurs ou doctorants pour réaliser une BD ?
Dans un monde où l’information, souvent générée par l’utilisateur.rice, circule de plus en plus vite sans passer par un processus de validation, science et pseudoscience se côtoient, ce qui contribue à la confusion, au désintérêt et à la perte de confiance du public dans la recherche.
En considérant que l’acceptation et le rejet de la science ont des racines idéologiques différentes selon la problématique abordée, il ne suffit plus de générer une synthèse efficace de la recherche : les vulgarisateur.rice.s scientifiques doivent également rejoindre le public au-delà de ses diverses prédispositions idéologiques. En cette époque où des enjeux majeurs dépendent de la capacité de chaque individu à prendre des décisions basées sur des faits scientifiques, il paraît nécessaire d’outiller la communauté scientifique pour qu’elle communique une science claire, juste et accessible, tout en minimisant les interventions menant à la polarisation du public.
Tous les grands organismes subventionnaires canadiens reconnaissent que le transfert de connaissances est essentiel à l’adoption de pratiques et de politiques basées sur des données probantes, et plusieurs placent maintenant le transfert de connaissance à égalité avec la production de savoir dans leur mandat. Cependant, peu de chercheur.se.s se considèrent comme des expert.e.s en transmission du savoir, et certain.e.s peuvent se trouver démuni.e.s lors d’interactions avec un public peu ouvert à la logique scientifique ou ancré dans des idéologies polarisantes. Notre colloque, qui débute par une conférence suivie d’une session de communications orales sélectionnées, a pour objectif de mieux comprendre les barrières à la communication. Nous proposons ensuite deux ateliers pratiques, l’un visant à outiller les chercheur.se.s pour s’engager dans un débat constructif efficace, l’autre permettant aux scientifiques de se former à la production d’outils de dissémination. Finalement, la journée sera clôturée par une table ronde réunissant scientifiques, communicateur.rice.s scientifiques et public.