Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Brieg Capitaine : Université d'Ottawa
Chaque année, depuis 1970, plus de 6 000 élèves des écoles secondaires répondent à l’appel d’Oxfam-Québec en participant à la Marche-Monde. Convergeant à Montréal après une année de préparatifs, les jeunes s’initient alors à une participation citoyenne qui relève d’une forme organisée de militantisme s’articulant dans des actions collectives, comme la manifestation de rue. À cette occasion, les jeunes participants font souvent leur première expérience d’engagement et de mobilisation citoyenne. Cette communication s’appuie sur une enquête ethnographique en cours qui vise à comprendre les significations que prend cette expérience dans la formation des jeunes à l’exercice d’une citoyenneté active. L’étude étant en cours, il s’agira de présenter la Marche-Monde en tant que projet inscrit dans le temps et issu de la société civile; projet qui se déroule sur plusieurs mois pour culminer dans une manifestation altermondialiste. Notre propos tentera aussi de cerner ce qui caractérise l’approche éducative mise en œuvre par les animateurs et les intervenants tout au long de l’année. Pour terminer, nous soulignerons les questionnements de recherche qui émergent de nos observations préliminaires, entre autres en ce qui a trait à la socialisation politique des jeunes au sein des mouvements sociaux.
La promotion d’une citoyenneté active chez les adolescents et les jeunes adultes est une préoccupation dûment inscrite dans les politiques publiques et les programmes scolaires d’éducation à la citoyenneté. Si l’école est souvent désignée comme l’institution par excellence pour transmettre aux jeunes les connaissances et les aptitudes nécessaires à une participation civique et politique tout au long de la vie, cette institution n’est pas la seule source de formation à laquelle les jeunes Québécois sont exposés. La province regorge en effet de projets et d’initiatives animés par des organismes et des collectifs issus de la société civile qui initient les jeunes de manière concrète à diverses formes de participation citoyenne. Parmi ces initiatives, on en recense qui favorisent l’expression civique à travers la création médiatique et artistique, comme la production de médias alternatifs et le théâtre participatif. D’autres initiatives invitent plutôt les jeunes à expérimenter des structures de participation politique conçues et adaptées pour eux, comme des conseils consultatifs jeunesse. D’autres projets se situent du côté de l’action collective et sont menés par des mouvements sociaux, dont l’altermondialisme et le féminisme, qui apprennent aux jeunes à s’organiser collectivement pour militer et défendre des causes dans le but d’influencer des décisions politiques.
L’expérimentation est la caractéristique commune qui unit ces initiatives plurielles et qui les différencie également de l’enseignement formel donné dans les écoles secondaires. Ce colloque examinera les questions suivantes : en quoi ces programmes et ces projets lancés par la société civile participent-ils à la formation des jeunes à l’exercice d’une citoyenneté active? Comment sont-ils mis en œuvre et quels en sont les effets sur la qualité de l’expérience participative des jeunes? Quelles sont les « bonnes pratiques » des organisations? Qui sont les jeunes touchés par ces initiatives? Lesquels en sont exclus?
Ces questions sont principalement abordées à l’aide de communications réunissant des chercheurs, des étudiants et des praticiens engagés dans une recherche partenariale intitulée Comment s’expérimente l’éducation citoyenne? Un regard croisé sur les pratiques en milieux communautaires et scolaires francophones (financement du CRSH). Basées sur une enquête ethnographique multisituée, les communications présentent des résultats préliminaires permettant diverses comparaisons entre les projets et les approches éducatives des organisations qui les animent; comparaisons également dans les conceptions de la citoyenneté et de la participation politique qui les sous-tendent. Les expertes invitées à commenter ces communications enrichiront les échanges en élargissant la perspective à des considérations relatives à l’état des connaissances sur les formes et les modalités contemporaines de la socialisation politique des jeunes.
Titre du colloque :
Thème du colloque :