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Patrick Martin : Université Laval
Nous estimons qu’un volet extrêmement important de la formation infirmière universitaire est à toute fin pratique absent des programmes d’études : l’accompagnement des étudiantes vers une conscientisation politique leur permettant d’acquérir une vision d’ensemble des dominations à l’œuvre dans nos sociétés. Les infirmières se sentent peu préparées, que ce soit par le biais de leur formation collégiale ou universitaire, à faire face à l’injustice, à l’oppression, à l’exclusion et à l’exploitation qui prennent place dans les milieux de soins. Elles se doivent toutefois de porter attention aux causes structurelles des torts qu’elles subissent au quotidien de façon à ce que leurs réflexions, articulant souffrance et critique justifiée, débouchent sur des actions transformatrices. L’émancipation des infirmières ne peut être possible sans l’exercice d’un esprit critique face aux grands enjeux d’actualité, et nous croyons que ce dernier doit être développé dès leur formation initiale. Par esprit critique, nous entendons la prise de conscience des forces qui s’opposent à l’élargissement des frontières de la liberté, de l’égalité et l’autodétermination infirmière dans le contexte de l’exercice de la profession. Par le biais de cette lecture, c’est plus particulièrement à partir de ces éléments que nous mettrons en regard l’importance de ne pas faire fi de ce qui attend les étudiantes infirmières dans les milieux de soin.
La science infirmière comporte de nombreux défis, et ce, dans les cinq axes de la discipline : enseignement, recherche, pratique clinique, administration et politique. L’avancement des connaissances, la complexité croissante des soins, le vieillissement de la population, de même que la hausse des demandes pour les infirmières en pratique avancée n’y sont pas étrangers. Le contexte actuel exige de considérer ces enjeux dans le but d’analyser leur incidence sur la discipline et la profession. De ce fait, une réflexion approfondie sur les effets directs de la recherche en science infirmière s’avère nécessaire afin de trouver de nouvelles avenues pour répondre aux transformations actuelles qui nous poussent à imaginer autrement l’avenir et à développer de nouvelles solutions aux problèmes de santé.
Les objectifs du colloque sont : 1) de définir les enjeux actuels de la discipline infirmière en abordant les cinq axes qui la composent, soit l’enseignement, la recherche, l’administration, la pratique clinique ainsi que le politique; et 2) de discuter, au cours d’une table ronde, des avenues innovantes pour aborder les perspectives de la discipline infirmière.
Ce colloque sera une occasion d’examiner la recherche en science infirmière et de mieux comprendre l’effet des données probantes sur la formation, la gestion, la pratique clinique et le politique. Une conférence d’ouverture commencera la journée et sera suivie par des présentations qui permettront : 1) de faire un survol des défis de la formation en français au Canada; 2) de présenter les avancées technologiques qui peuvent contribuer au développement de la formation et du leadership politique des infirmières; 3) d’explorer les politiques organisationnelles, les répercussions auprès des patients et l’inclusion des infirmières issues de minorités visibles; et 4) de discuter de l’importance de l’aspect politique pour les infirmières.
Une table ronde animée par Isabelle St-Pierre (professeure, Université du Québec en Outaouais) réunira des panélistes, dont Marilyn Aita (professeure agrégée, Université de Montréal), Kelley Kilpatrick (titulaire de la chaire de recherche Susan E. French Chair in nursing research and innovative practice), Mélanie Lavoie-Tremblay (professeure, Université McGill) et Amélie Perron (professeure agrégée, Université d’Ottawa), et permettra de discuter et de proposer des avenues innovantes pour aborder les perspectives de la discipline infirmière.
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