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Subjectivité et vérité : une inquiétude partagée

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Guillaume JOURNEL : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

La même année, entre 1970 et 1971, Michel Foucault et Jürgen Habermas composent deux interventions qui marqueront leur parcours. « L’ordre du discours », leçon inaugurale de Foucault au Collège de France dans laquelle il est question de fonder, dans une approche archéologique une critique des énoncés et des discours, en tant qu’ils sont constitutifs des pouvoirs normatifs, une nouvelle théorie de la relation entre sujet et vérité prenant racine dans le principe de véridiction.

Au même moment Jürgen Habermas connait un tournant important dans son cheminement qui le voit passer progressivement de l’approche critique de l’école de Francfort à une théorie du langage qui débouchera sur la théorie de l’agir communicationnel. La cinquième conférence Gauss qu’il prononce en 1971 affirme les dimensions éthique et pratique de sa démarche : les règles de la discussion dans l’espace public doivent mener à un égalité des opportunités d’actes de parole et donc à l'élaboration pratique de la vérité.

Il n’y a pas de symétrie entre Habermas et Foucault, mais ces deux textes nous montrent qu’ils ont tous deux exprimé une même inquiétude qui finalement se résoudra dans une tentative de clarification de la constitution par l’intermédiaire des relations de pouvoir des vérités qui fondent notre environnement normatif. Nous nous pencherons donc ici sur ces deux courts textes qui portent la marque de leur temps.

Résumé du colloque

Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.

La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 30 mai 2019

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