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Olivier Grenier : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les situations à risque et l'analyse des risques occupent une place importante dans le dialogue entre experts et citoyens. Ces situations sont toutefois complexes à analyser pour les experts, d'abord en raison du rôle que jouent les valeurs et les préférences dans l'évaluation des risques, mais également en raison de la quantité considérable d'information que l'expert doit parfois analyser. La tâche d'analyse de l'information de l'expert peut être facilitée en recourant à des outils informatiques d'agglomération et de traitement des données, comme les ontologies appliquées. Les ontologies appliquées sont des outils qui servent notamment à classifier et représenter les entités des différents domaines scientifiques, comme le domaine biomédical. Le bon fonctionnement des ontologies appliquées dans le cadre de situations à risque exige cependant une formalisation ontologique rigoureuse du risque. Pour répondre à ce problème, je propose, dans cette communication, de concevoir le risque comme une disposition. Je détaille d'abord ce que sont les ontologies appliquées. Je montre ensuite qu'il y a des ressemblances entre les risques et les dispositions afin de motiver l'hypothèse qu'un risque est une disposition. Finalement, je détaille la conception du risque comme disposition, nommée « conception dispositionnelle du risque ».
Dès l’Antiquité, le dialogue déploie des implications morales, politiques et épistémologiques. Et depuis lors, il est demeuré un élément essentiel du paysage philosophique, autant comme pratique que comme objet de réflexion. Le dialogue a gagné en importance depuis le 20e siècle (on peut penser à Gadamer, à Ricœur, à Taylor, à Habermas, à la philosophie pour enfants, à l’éthique appliquée…), peut-être même une importance théorique proportionnellement inverse à ce qui semble aujourd’hui être sa faillite pratique dans l’espace public. À l’ère de la polarisation des opinions, le dialogue semble en effet de plus en plus difficile.
La notion de dialogue soulève de nombreuses questions qui concernent notamment sa définition, sa pratique, son importance dans la recherche de la vérité et ses conditions de possibilité. Ainsi, la réflexion sur le dialogue peut se déployer tant sur le plan métaphysique, épistémologique, politique qu’éthique. On pourrait s’intéresser à l’enseignement même de la philosophie, que plusieurs considèrent comme fondamentalement dialogique, ainsi qu’à son avenir quant à l’arrivée des nouvelles technologies et des offres de cours en ligne. On pourrait aussi s’intéresser aux grands dialogues entre philosophes qui ont marqué l’histoire de la philosophie ou aux dialogues que la philosophie a entretenus avec les autres sciences (humaines, pures, de la nature, de la santé…). Le dialogue entre les disciplines pourrait soulever des questions analogues à celui entre les étrangers, concernant notamment l’importance d’une langue commune aux interlocuteurs. Et qu’en est-il du dialogue interculturel ou interreligieux? Comment penser le dialogue entre les États, voire entre les individus, qui entretiennent des rapports de pouvoir asymétriques ou des rapports de domination? À l’instar de Platon, on pourrait aussi se questionner sur la possibilité du dialogue entre la personne qui sait et celle qui ne sait pas, entre la philosophie et le peuple.
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