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Majolaine Lord : Université de Montréal
Cette présentation portera sur les résultats d’un mémoire qui s’intéresse à
l’action collective et tente de réfléchir à cette pratique à travers le prisme de la
pensée post-structurelle (Benasayag et Del Rey, Deleuze, Healy, Soulet). Au
regard des difficultés de mobilisation largement documentées en travail social,
cette recherche propose de s’intéresser à des actions collectives qui prennent
forme à l’extérieur des pratiques d’action collective traditionnelles ou
officiellement reconnues. Ainsi, nous nous attarderons d’abord à la façon dont la
perspective post-structurelle peut ébranler les canons théoriques et pratiques de
l’action collective en travail social (Healy, 2000) et ouvrir sur de nouvelles
possibilités. Dans un second temps, nous explorerons comment les pratiques de
groupes autonomes antiautoritaires peuvent informer cette réflexion à partir
d’entretiens qualitatifs avec des militant.e.s issu.e.s de ce milieu. L’analyse de ce
corpus met en lumière le sens qu’accordent les militant.e.s à leurs expériences
d’action collective et comment ils et elles situent leurs actions par rapport à celles
du milieu institué, faisant émerger des résultats qui suggèrent un autre rapport à
l’action. Ce rapport aurait comme spécificités : l’action comme finalité de l’action,
l’expérimentation comme méthode et les affects partagés comme source du
commun. La conclusion permettra d’explorer les implications et contributions de
cette vision de l’action collective pour le travail social.
Au Québec, la pratique de l’organisation communautaire a produit dans les 50 dernières années tout un corpus de connaissances (Bourque et al., 2007; Lavoie et Panet-Raymond, 2014). Celles-ci ont largement été influencées par certaines réalités historiques nationales liées à la formation et à la transformation de l’État social et à l’évolution de ses rapports avec les mouvements sociaux, en particulier avec les groupes communautaires. Cette imbrication a procuré une certaine vitalité aux savoirs dans le domaine, qui conserve malgré tout quelques zones d’ombre importantes. La réflexion sur la place du conflit dans l’intervention, notamment, a été en grande partie délaissée, alors que depuis plusieurs décennies l’accent est mis sur les liens de partenariat qui devraient unir les acteurs sociaux et politiques (Gaudreau, 2013). D’autres formes de mobilisation, concernant entre autres la critique anticapitaliste ou la reconnaissance de la diversité sexuelle et de genre, tardent également à être pleinement intégrées aux analyses. Le sens même des termes employés pour définir la pratique, tels que « organisation » ou « communauté », demeure aussi peu problématisé. Enfin, les comparaisons internationales se font encore trop peu nombreuses, la littérature restant très attachée à la singularité de l’expérience québécoise, surtout francophone.
Partant de ces constats, ce colloque propose de contribuer au renouvellement des connaissances sur l’organisation communautaire en travail social, en abordant cette pratique à la lumière de perspectives théoriques et d’objets empiriques nouveaux et revisités. La réflexion se structurera en trois blocs : 1) regards critiques et épistémologiques; 2) récits de pratiques en marge; et 3) outils méthodologiques et théoriques. D’un point de vue transversal, cette journée permettra d’interroger les frontières de l’organisation communautaire en tant que pratique professionnelle et militante.
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