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Marie Toullec-Théry : Nantes Université
L’école aujourd’hui, se réclame être une école pour tous, dans d’un paradigme inclusif, ancré dans les trois dimensions que sont la non-discrimination, l’accessibilité et la compensation. Notre recherche se focalise sur les plans en contexte scolaire français (nommés en France des Programmes Personnalisés de Réussite Educative – PPRE-). Qu’est-ce que sous-tend ce mouvement vers l’individu alors que l’école a toujours prôné le collectif ? Dans la perspective développée par Bélanger et Khan (2019), nous y examinons qualitativement quatre des fonctions d’un plan : l’identification des besoins, la communication, la collaboration et la régulation/révision. L’étude se fonde d’abord sur la dimension prescriptive : que disent les dispositions officielles françaises ? Elle analyse ensuite les discours de professionnels de l’école (enseignants de classe, enseignants de soutien et cadres) : quelles sont leurs représentations et de leurs pratiques quand il s’agit de penser et de mettre en oeuvre des plans individuels ? Nous faisons appel, pour nos analyses, à un éventail de concepts que sont ceux de dispositifs, de la dialectique outil - instrument, ainsi que la distinction opérée par Koenig et al. (2016), issue de techniques de management, entre deux registres à la fois complémentaires et en tension, entre habilitant et disciplinant.
Dans la foulée de l’Education for All Handicapped Children Act, le plan d’enseignement individualisé (PEI) est apparu aux États-Unis dès 1975. Il vise à offrir des programmes et des services adaptés à l’élève (Goupil, 2004) et s’est largement répandu à partir des années 1990 en Amérique du Nord et en Europe (Rodger, 1995), devenant même une obligation légale dans de nombreux pays. L’Agence européenne pour l’éducation adaptée et inclusive indique que « la plupart des pays utilisent un projet éducatif individualisé (PEI) pour les étudiants à besoins éducatifs particuliers (BEP) pendant la scolarité obligatoire. Ce type de document inclut généralement la manière dont le programme d’enseignement est suivi, les ressources supplémentaires nécessaires, les objectifs et l’évaluation de l’approche éducative adoptée » (2003, p. 12). Il en existe des variantes : on parle de plan d’enseignement individualisé (PEI) en Ontario, de plan d’intervention (PI) au Québec, de projet pédagogique individualisé (PPI) en Suisse, de plan individuel d’apprentissage (PIA) en Belgique, ou encore de projet personnalisé de réussite éducative (PPRE) en France pour ne nommer que celui-ci (la France compte plusieurs déclinaisons du plan en fonction des besoins identifiés des élèves). Le plan d’intervention exerce généralement sept fonctions (communication, planification, identification, collaboration, régulation, adaptation et transition) (Tremblay, 2018). La mise en œuvre des plans ne semble cependant pas toujours aller de soi. Face aux difficultés et limites dans la mise en œuvre, il est utile de s’interroger sur les fonctions et les usages de ces types de plans d’aide à l’élève et, plus généralement, de dispositifs autres d’aide, d’accompagnement ou de soutien aux élèves.
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