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Communs, agencement et pouvoir : trois exemples-phares à Pointe-Saint-Charles

AK

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Anna Kruzynski : Université Concordia

Résumé de la communication

Comment expliquer la succession de victoires populaires à Pointe-Saint-Charles, et ce, malgré la
menace constante d'embourgeoisement? Au coeur de ce processus est la lutte autour de la propriété.
Dans une économie de communauté, suivant JK Gibson-Graham, différentes formes de propriétés,
indépendamment de leur statut juridique, peuvent être constituées en communs. De par la pratique du
commun, des communs biophysiques, culturels, sociaux et de connaissances sont nourris, reconstitués
et élargis. Au lieu de définir un commun comme une « chose » associée à une propriété publique ou en
libre accès, toujours assujettie à l’enclosure, ces auteures suggèrent de les conceptualiser
comme processus. Ainsi, la pratique du commun implique la construction, la négociation et parfois la lutte entre les êtres humains et l’autre – humain ou plus- qu’humain – en ce qui concerne l'accès, l'utilisation, les avantages, les soins et la responsabilité. Nous allons analyser comment trois différentes communautés de communs, chacune associée à un commun contemporain - le Jardin de la liberté (terrain public), la murale La Pointe All'Dress (viaduc appartenant à une société par actions) et le Bâtiment 7 (propriété privée individuelle devenue collective) - se constituent par l'agencement d'acteurs humains et plus qu'humain. Comment ce processus continu, mouvant, changeant, qui est traversé par des rapports conflictuels, génère un pouvoir durable qui transforme les rapports de force qui sont en jeu.

Résumé du colloque

Au Québec, la pratique de l’organisation communautaire a produit dans les 50 dernières années tout un corpus de connaissances (Bourque et al., 2007; Lavoie et Panet-Raymond, 2014). Celles-ci ont largement été influencées par certaines réalités historiques nationales liées à la formation et à la transformation de l’État social et à l’évolution de ses rapports avec les mouvements sociaux, en particulier avec les groupes communautaires. Cette imbrication a procuré une certaine vitalité aux savoirs dans le domaine, qui conserve malgré tout quelques zones d’ombre importantes. La réflexion sur la place du conflit dans l’intervention, notamment, a été en grande partie délaissée, alors que depuis plusieurs décennies l’accent est mis sur les liens de partenariat qui devraient unir les acteurs sociaux et politiques (Gaudreau, 2013). D’autres formes de mobilisation, concernant entre autres la critique anticapitaliste ou la reconnaissance de la diversité sexuelle et de genre, tardent également à être pleinement intégrées aux analyses. Le sens même des termes employés pour définir la pratique, tels que « organisation » ou « communauté », demeure aussi peu problématisé. Enfin, les comparaisons internationales se font encore trop peu nombreuses, la littérature restant très attachée à la singularité de l’expérience québécoise, surtout francophone.

Partant de ces constats, ce colloque propose de contribuer au renouvellement des connaissances sur l’organisation communautaire en travail social, en abordant cette pratique à la lumière de perspectives théoriques et d’objets empiriques nouveaux et revisités. La réflexion se structurera en trois blocs : 1) regards critiques et épistémologiques; 2) récits de pratiques en marge; et 3) outils méthodologiques et théoriques. D’un point de vue transversal, cette journée permettra d’interroger les frontières de l’organisation communautaire en tant que pratique professionnelle et militante.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 31 mai 2019

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