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Sophie Beauparlant : Cégep de Jonquière
Les séries télévisées québécoises sont reconnues pour leurs innovations formelles, mais également pour la qualité de leurs scénarios dans le registre de la comédie. On n’a qu’à penser au succès obtenu par la série Un gars, une fille (Guy A. Lepage) à la fin des années 90; elle a depuis été adaptée dans 26 pays. Or, vingt ans plus tard, les séries québécoises font toujours l’objet d’adaptations (remakes) alors que les habitudes spectatorielles se sont grandement transformées avec des plateformes comme Netflix qui diffusent à l’échelle internationale des productions originales et traduites.
Nous nous intéresserons au phénomène de l’adaptation des séries québécoises en France, qui pourrait expliciter une préoccupation des chaînes de télévision à adapter les contenus dans une dimension socioculturelle, en présumant que la refonte française de la série intéressera plus leur auditoire que la version originale.
Si les réseaux français privilégient les adaptations au détriment des productions originales, quels sont les défis de création de ce passage interculturel? Notre réponse s’articulera tout particulièrement sur l’adaptation des dialogues qui sont un des points sensibles des remakes télévisuels, surtout dans le registre de la comédie. Le corpus à l’étude comprendra les adaptations françaises des séries québécoises Like moi! de Marc Brunet (adaptée en 2018) et Les beaux malaises de Martin Matte (adaptée en 2016).
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Nous retrouvons l’adaptation de textes sous une multitude de formes et nous y avons recours dans plusieurs domaines différents. Pour certains, l’adaptation de textes est un processus de reterritorialisation du texte de départ (Brisset, 1986). D’autres la définissent comme une forme de naturalisation visant à produire le même effet que l’original (Santoyo, 1989). L’adaptation Web, pour sa part, suppose la révision et la modification de l’ensemble des aspects communicationnels d’un document (Kavanagh, 2007). S’il peut être utile de dresser une typologie de l’adaptation de textes, nous devons tenir compte du fait qu’elle se moque bien de la sempiternelle fidélité absolue à l’original : dans tous les cas, elle sollicite la créativité du langagier, qu’il soit rédacteur ou traducteur. Cette activité est donc davantage de l’ordre de la recréation que de la traduction ou de la rédaction. Cependant, adaptation de textes ne saurait rimer avec liberté inconditionnelle. En effet, c’est l’existence de limites qui permet la définition d’un espace de l’adaptation et, par là même, de l’activité rédactionnelle ou traduisante. Les règles servent de tremplin à la création au sein de limites préétablies.
Ce colloque aimerait susciter une prise en compte des dimensions culturelle et interdisciplinaire de l’adaptation de textes. En effet, celle-ci s’impose de façon différente selon les domaines, les situations et les cultures. Dès lors, le défi est double, car il faut négocier l’adaptation entre un contexte global et territorial.
Ce colloque interdisciplinaire invite des communications sur l’adaptation de textes (depuis ou vers le français et l’anglais si le thème est la traduction) dans les domaines littéraire ou pragmatique : adaptation cinématographique, traduction théâtrale, publicitaire ou audiovisuelle, vulgarisation de textes scientifiques ou techniques, adaptation Web, rédaction devant tenir compte de supports choisis, de publics visés ou de contraintes éditoriales, etc.
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