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Elsa Drevon : Université de Montréal
Le transfert des connaissances, dans les associations étudiantes, est soumis à des défis comme l’engagement de courte durée et l’absence d’une permanence. Au-delà des valeurs associatives, les étudiants doivent acquérir une culture informationnelle sur laquelle fonder des pratiques durables de gestion des connaissances. Cela semble caractériser les petites associations qui, faute de stratégies adéquates, encourent l’éparpillement de la mémoire collective et des savoir-faire acquis. Des caractéristiques sont nécessaires pour qu’une culture informationnelle se développe dans une collectivité, dont des flux de communication efficaces, un accès ouvert à l’information, des pratiques de travail collaboratives, et des politiques et procédures documentées.
Un projet de recherche exploratoire, mené de 2015 à 2018, a étudié le cas d’une association étudiante universitaire. Il visait à examiner les mécanismes à privilégier pour assurer le transfert des connaissances à travers la succession des exécutifs étudiants, à l’aide d’entrevues semi-dirigées, d’observations de réunions et de documents d’activité de l’association. Les résultats issus de l’analyse de ces données ont mis en évidence 28 mécanismes de transfert de connaissances catégorisés de l’individuel au collectif. À travers les initiatives individuelles, il a été possible d’observer comment se sont instituées des pratiques collectives, premiers pas vers une culture informationnelle visant la durabilité des efforts.
La gestion de l’information et son organisation sont des enjeux contemporains majeurs pour les individus et les collectifs évoluant dans un univers informationnel de plus en plus complexe. Ceux-ci sont confrontés à un nombre croissant d’informations fragmentées entre différents dispositifs techniques et différents contextes (vie professionnelle, familiale, de loisirs) et doivent déployer d’importants efforts de gestion et d’organisation pour arriver à leur donner un sens et à mener à bien leurs projets.
Dans la littérature scientifique sur la gestion de l’information, différents niveaux d’analyse ont été développés :
● La gestion personnelle de l’information qui s’intéresse aux pratiques individuelles de gestion de l’information, en prenant en compte l’ensemble des activités que les individus mettent en place pour acquérir, créer, enregistrer, organiser, maintenir, utiliser et partager l’information afin d’atteindre leurs objectifs et de remplir leurs différents rôles, aussi bien dans un contexte privé que professionnel.
● La gestion collaborative de l’information qui s’intéresse aux mécanismes de gestion, de partage et d’organisation des informations développés par les individus pour soutenir les activités d’équipes et de groupes restreints.
● La gestion professionnelle de l’information et des connaissances qui s’intéresse à la manière dont les professionnels de l’information (par exemple, archivistes, bibliothécaires, documentalistes, experts en communication) travaillant au sein des organisations mettent en place des systèmes de gestion institutionnalisés et uniformes des informations afin de garantir le transfert et la pérennité de celles-ci au-delà des individus qui composent ces organisations.
Une approche multiniveaux et interdisciplinaire pourrait donc se révéler bénéfique dans plusieurs secteurs (par exemple, éducation, informatique, communication, archivistique, administration) en leur permettant d’analyser les liens entre pratiques individuelles, collectives et institutionnelles de gestion de l’information. Cette approche semble d’autant plus importante que la capacité à gérer l’information est un processus crucial pour l’épanouissement personnel des individus (par exemple, gestion des finances, de la santé, développement de la créativité), pour le développement du travail en équipe (par exemple, partage d’espaces d’information, rédaction en commun de documents) et pour le bon fonctionnement des organisations (par exemple, gestion des archives, transfert des connaissances). Cette approche complexe de la problématique de la gestion de l’information nécessite un travail de mise en réseau et de connexion des expertises auquel ce colloque propose de contribuer en réunissant à la fois étudiants, chercheurs et professionnels de l’information et de la communication.
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