pen icon Colloque
quote

Genre, citoyenneté, et accès à la terre en Côte-d'Ivoire: cas des agricultrices ivoiriennes d'origine burkinabé de Koudougou

AN

Membre a labase

Ablan Nadège N'guessan : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

La question de la place des femmes dans l'agriculture et de leur accès à la terre en Afrique a
fait l'objet d'une abondante littérature (Boserup 1970; Golath et Tsikata 2010; Verschuur et al.
2012 ;Gray et Kevane 1999 ; Chu 2011). La recherche présentée dans le cadre de cette
communication s'inscrit dans le même thème mais l'aborde sous un angle différent. Il s'agit de
s'interroger sur les modalités d'accès à la terre pour des agricultrices d'origine étrangère. Si pour les
agricultrices natives du pays, les modalités d'accès sont difficiles pour multiples raisons (cf auteurs
précedents), elles le sont davantage pour celles qui ont immigrées ou qui sont descendantes
d'immigrés même si elles ou leurs parents ont acquis la citoyenneté ivoirienne. Aussi, comment
accèdent-elles à la terre dans un contexte ou le pluralisme juridique, les conflits fonciers entre
nationaux et allogènes, les doutes sur leur citoyenneté ivoirienne et les modalités de leur installation
sur le territoire que leur communauté occupe actuellement rendent cet accès problématique ?
Dans cette étude, je montrerai à travers l'expérience des femmes de Koudougou, expérience
saisie par le biais d' une observation participante et de groupes de discussion, que l'enjeu majeur
pour ces agricultrices ivoiriennes d'origine étrangère, est la jouissance entière de leurs droits de
citoyennes, dans la mesure où les modalités d' accès à la terre sont imbriquées dans des facteurs
culturels, politiques, sociaux, économiques et de genre.

Résumé du colloque

Les études en genre et développement font partie intégrante de la conversation et des relations en cours entre universitaires et activistes, chercheuses et praticien/nes. Ce champ d’études a vu le jour en raison de préoccupations quant à la façon dont les autres domaines de recherche ignoraient ou déformaient l’histoire, les enjeux, les théories, les expériences ainsi que les perspectives des femmes. Ce domaine d’études interdisciplinaires et multidisciplinaires explore le genre comme construction sociale et culturelle, de même que le statut social et les contributions des femmes à la société, ainsi que les hiérarchies et relations de pouvoir à l’œuvre dans des sociétés et des époques différentes. Émergeant d’abord sous la forme de cours intégrés à des programmes existants, ces études ont été constituées en programmes de premier et de deuxième cycle universitaire dans les années 1980. Dans ce congrès, nous faisons le point sur l’adoption de l’approche féministe par les théoricien/nes et praticien/nes du développement rattaché aux courants et aux institutions dominantes. Il s’agit également d’évaluer si et comment de nouvelles pratiques féministes ont été théorisées dans les deux dernières décennies. Enfin, nous tentons de comprendre le rôle actuel des perspectives féministes dans les débats en développement international : ont-elles réussi à réduire les inégalités hommes-femmes en développement international et, si oui, comment?

Le genre y est considéré comme résultant d’un processus historique changeant et complexe, construit par les institutions économiques, sociales et culturelles, et les construisant à son tour. Les relations de genre désignent les rapports sociaux, notamment les inégalités entre les hommes et les femmes, mais aussi entre ceux/celles-ci et d’autres catégories sociales (de classe, de « race » ou d’ethnie, de religion, d’incapacité, etc.). Bien que conditionnées par les normes économiques, sociales et politiques prévalentes dans un temps et un espace donnés, ces relations sont dynamiques et, à ce titre, modifiables. Par ailleurs, le genre renvoie aux émotions, un puissant marqueur des stéréotypes de sexe, et aux identités mouvantes liées à des féminités et à des masculinités divergentes qui, au-delà de ces dualités, comprennent désormais les réalités transgenres (Connell, 2012). Attiré/es par ce sujet d’étude, souvent en raison de leur sensibilité politique à l’égard de la justice de genre, les universitaires et les praticien/nes du développement considèrent que la notion de genre est indispensable tant d’un point de vue politique que théorique pour comprendre non seulement les tensions et divisions qui traversent le domaine du développement international, mais aussi les inégalités de sexe et leurs intersections avec d’autres systèmes d’oppression (racisme, classisme, capacitisme, etc.) qui touchent à des degrés divers toutes les sociétés.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 31 mai 2019

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :