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Charmain Levy : UQO - Université du Québec en Outaouais
La présente communication expose la contribution du mouvement des femmes au façonnement du discours politique et des politiques gouvernementales dans les pays des Suds, à travers ses revendications, ses stratégies et ses luttes contre les inégalités fondées sur le genre. Le cas du Brésil est ici étudié pour illustrer le rôle –indirect, il est vrai – du militantisme des femmes dans le redressement d’un modèle de développement inéquitable qui engendre la marginalisation politique et socioéconomique de multitudes d’individus dans ces pays.
Les études en genre et développement font partie intégrante de la conversation et des relations en cours entre universitaires et activistes, chercheuses et praticien/nes. Ce champ d’études a vu le jour en raison de préoccupations quant à la façon dont les autres domaines de recherche ignoraient ou déformaient l’histoire, les enjeux, les théories, les expériences ainsi que les perspectives des femmes. Ce domaine d’études interdisciplinaires et multidisciplinaires explore le genre comme construction sociale et culturelle, de même que le statut social et les contributions des femmes à la société, ainsi que les hiérarchies et relations de pouvoir à l’œuvre dans des sociétés et des époques différentes. Émergeant d’abord sous la forme de cours intégrés à des programmes existants, ces études ont été constituées en programmes de premier et de deuxième cycle universitaire dans les années 1980. Dans ce congrès, nous faisons le point sur l’adoption de l’approche féministe par les théoricien/nes et praticien/nes du développement rattaché aux courants et aux institutions dominantes. Il s’agit également d’évaluer si et comment de nouvelles pratiques féministes ont été théorisées dans les deux dernières décennies. Enfin, nous tentons de comprendre le rôle actuel des perspectives féministes dans les débats en développement international : ont-elles réussi à réduire les inégalités hommes-femmes en développement international et, si oui, comment?
Le genre y est considéré comme résultant d’un processus historique changeant et complexe, construit par les institutions économiques, sociales et culturelles, et les construisant à son tour. Les relations de genre désignent les rapports sociaux, notamment les inégalités entre les hommes et les femmes, mais aussi entre ceux/celles-ci et d’autres catégories sociales (de classe, de « race » ou d’ethnie, de religion, d’incapacité, etc.). Bien que conditionnées par les normes économiques, sociales et politiques prévalentes dans un temps et un espace donnés, ces relations sont dynamiques et, à ce titre, modifiables. Par ailleurs, le genre renvoie aux émotions, un puissant marqueur des stéréotypes de sexe, et aux identités mouvantes liées à des féminités et à des masculinités divergentes qui, au-delà de ces dualités, comprennent désormais les réalités transgenres (Connell, 2012). Attiré/es par ce sujet d’étude, souvent en raison de leur sensibilité politique à l’égard de la justice de genre, les universitaires et les praticien/nes du développement considèrent que la notion de genre est indispensable tant d’un point de vue politique que théorique pour comprendre non seulement les tensions et divisions qui traversent le domaine du développement international, mais aussi les inégalités de sexe et leurs intersections avec d’autres systèmes d’oppression (racisme, classisme, capacitisme, etc.) qui touchent à des degrés divers toutes les sociétés.
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