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Genre, villes et développement : regard sur l’Afrique subsaharienne

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Emilie Pinard : Université Laurentienne

Résumé de la communication

Cette présentation examine la manière dont se jouent les rapports de genre dans les villes des pays en développement, en portant un regard plus spécifique sur l’Afrique subsaharienne et l’urbanisation informelle qui caractérise la plupart de ses villes. Suite à un bref portrait des dynamiques urbaines particulières à la région, nous présenterons deux cadres d’analyse complémentaires récents, fondés sur les réalités quotidiennes des femmes dans les villes du Sud. Ces cadres sont prometteurs en ce qu’ils permettent de conceptualiser, à différentes échelles, l’ensemble des inégalités structurant les rapports de genre dans la ville, mais aussi de concevoir des voies vers une transformation conjuguée de la ville et des rapports de genre. À partir d’un état des connaissances, d’observations tirées de nos recherches terrain et d’un examen des politiques urbaines des principaux joueurs internationaux, nous mettrons ainsi en lumière les défis quotidiens vécus par la majorité des citadines africaines, ainsi que la complexité et le caractère systémique des inégalités de genre en milieu urbain informel. En conclusion, nous présenterons différentes initiatives individuelles et collectives mises en œuvre par les femmes afin de transformer leur condition,revendiquer leur droit à la ville et construire une ville plus juste et plus inclusive.

Résumé du colloque

Les études en genre et développement font partie intégrante de la conversation et des relations en cours entre universitaires et activistes, chercheuses et praticien/nes. Ce champ d’études a vu le jour en raison de préoccupations quant à la façon dont les autres domaines de recherche ignoraient ou déformaient l’histoire, les enjeux, les théories, les expériences ainsi que les perspectives des femmes. Ce domaine d’études interdisciplinaires et multidisciplinaires explore le genre comme construction sociale et culturelle, de même que le statut social et les contributions des femmes à la société, ainsi que les hiérarchies et relations de pouvoir à l’œuvre dans des sociétés et des époques différentes. Émergeant d’abord sous la forme de cours intégrés à des programmes existants, ces études ont été constituées en programmes de premier et de deuxième cycle universitaire dans les années 1980. Dans ce congrès, nous faisons le point sur l’adoption de l’approche féministe par les théoricien/nes et praticien/nes du développement rattaché aux courants et aux institutions dominantes. Il s’agit également d’évaluer si et comment de nouvelles pratiques féministes ont été théorisées dans les deux dernières décennies. Enfin, nous tentons de comprendre le rôle actuel des perspectives féministes dans les débats en développement international : ont-elles réussi à réduire les inégalités hommes-femmes en développement international et, si oui, comment?

Le genre y est considéré comme résultant d’un processus historique changeant et complexe, construit par les institutions économiques, sociales et culturelles, et les construisant à son tour. Les relations de genre désignent les rapports sociaux, notamment les inégalités entre les hommes et les femmes, mais aussi entre ceux/celles-ci et d’autres catégories sociales (de classe, de « race » ou d’ethnie, de religion, d’incapacité, etc.). Bien que conditionnées par les normes économiques, sociales et politiques prévalentes dans un temps et un espace donnés, ces relations sont dynamiques et, à ce titre, modifiables. Par ailleurs, le genre renvoie aux émotions, un puissant marqueur des stéréotypes de sexe, et aux identités mouvantes liées à des féminités et à des masculinités divergentes qui, au-delà de ces dualités, comprennent désormais les réalités transgenres (Connell, 2012). Attiré/es par ce sujet d’étude, souvent en raison de leur sensibilité politique à l’égard de la justice de genre, les universitaires et les praticien/nes du développement considèrent que la notion de genre est indispensable tant d’un point de vue politique que théorique pour comprendre non seulement les tensions et divisions qui traversent le domaine du développement international, mais aussi les inégalités de sexe et leurs intersections avec d’autres systèmes d’oppression (racisme, classisme, capacitisme, etc.) qui touchent à des degrés divers toutes les sociétés.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 31 mai 2019

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