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Incarcération des femmes à la prison Leclerc : récit de pratique et analyse d'une mobilisation communautaire, féministe et intersectionnelle.

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Geneviève DAUPHIN-JOHNSON : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

En janvier 2016, le gouvernement libéral procède à la fermeture inopinée de la prison
Tanguay à Montréal et transfère les prisonnières dans un ancien pénitencier pour
hommes fermé en 2012 pour cause de vétusté. Aussitôt
annoncée, des détenues écrivent un manifeste dénonçant les impacts
de ce transfert et des mesures d'austérité sur leur vie en détention. Des membres de
communautés religieuses et du Barreau, des groupes de défense des droits
et des groupes de femmes décrient la mixité hommes-femmes, le non-accès aux
services sociaux et de santé, la configuration archi sécurisée et l'insalubrité des lieux et
l'absence de prise en compte des besoins propres aux femmes détenues.
À partir de mon expérience d'organisatrice communautaire, je m'attarderai
principalement au travail du comité de mobilisation et d'action en soutien aux détenues
de la prison Leclerc mis sur pied par des participantes et des travailleuses du
Centre des femmes de Laval. J'analyserai certaines des conditions ayant mené à la
première lutte communautaire, féministe et intersectionnelle en ce qui a trait à
l'incarcération des femmes dans l'histoire du Québec. Cette lutte est
le résultat d'une combinaison entre une démarche soutenue d'éducation populaire
féministe intersectionnelle et autonome, une mobilisation ancrée localement et la
création d'alliances politiques contextuelles. Je conclurai avec une réflexion plus large
sur les défis de l'action collective en lien avec les enjeux relatifs à l'incarcération des
femmes.

Résumé du colloque

Au Québec, la pratique de l’organisation communautaire a produit dans les 50 dernières années tout un corpus de connaissances (Bourque et al., 2007; Lavoie et Panet-Raymond, 2014). Celles-ci ont largement été influencées par certaines réalités historiques nationales liées à la formation et à la transformation de l’État social et à l’évolution de ses rapports avec les mouvements sociaux, en particulier avec les groupes communautaires. Cette imbrication a procuré une certaine vitalité aux savoirs dans le domaine, qui conserve malgré tout quelques zones d’ombre importantes. La réflexion sur la place du conflit dans l’intervention, notamment, a été en grande partie délaissée, alors que depuis plusieurs décennies l’accent est mis sur les liens de partenariat qui devraient unir les acteurs sociaux et politiques (Gaudreau, 2013). D’autres formes de mobilisation, concernant entre autres la critique anticapitaliste ou la reconnaissance de la diversité sexuelle et de genre, tardent également à être pleinement intégrées aux analyses. Le sens même des termes employés pour définir la pratique, tels que « organisation » ou « communauté », demeure aussi peu problématisé. Enfin, les comparaisons internationales se font encore trop peu nombreuses, la littérature restant très attachée à la singularité de l’expérience québécoise, surtout francophone.

Partant de ces constats, ce colloque propose de contribuer au renouvellement des connaissances sur l’organisation communautaire en travail social, en abordant cette pratique à la lumière de perspectives théoriques et d’objets empiriques nouveaux et revisités. La réflexion se structurera en trois blocs : 1) regards critiques et épistémologiques; 2) récits de pratiques en marge; et 3) outils méthodologiques et théoriques. D’un point de vue transversal, cette journée permettra d’interroger les frontières de l’organisation communautaire en tant que pratique professionnelle et militante.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 31 mai 2019

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