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La scolarisation des filles et des garçons dans le monde : des parcours inégaux, marqués par la division sociosexuée des savoirs

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Isabelle Collet : Université de Genève

Résumé de la communication

L’accès à l’éducation et la répartition des différents champs de savoirs entre les différents groupes sociaux sont de bons indicateurs du rapport dominant/dominé·e d’une société. Cette communication portera tout d’abord sur les différences dans la scolarisation des filles et des garçons dans le monde. Aujourd’hui, malgré les accords de l’UNESCO, un tiers des pays n’ont pas encore atteint la parité à l’école primaire. Les filles des pays des suds rencontrent de nombreux obstacles sur le chemin de l’école, tant symboliques que réels. L’absence de parité reste fortement corrélée avec la pauvreté globale du pays, avec des disparités nationales importantes, influencées par l’ethnicité, la classe sociale et le lieu d’habitation. Toutefois, dans quelques pays des suds comme en occident, les filles sont légèrement avantagées au secondaire, par rapport aux garçons. Mais, quelles que soient les possibilités d’accès, la scolarisation des filles et des garçons reste fortement marquée par la division sociosexuée des savoirs. En particulier, l’accès à la science et aux techniques est plus ouvert pour les garçons et les enfants issus des milieux les plus favorisés. Dans certains pays des suds considèrent que des métiers scientifiques sont tout à fait appropriés pour des femmes de milieux socioprofessionnels aisés.

Résumé du colloque

Les études en genre et développement font partie intégrante de la conversation et des relations en cours entre universitaires et activistes, chercheuses et praticien/nes. Ce champ d’études a vu le jour en raison de préoccupations quant à la façon dont les autres domaines de recherche ignoraient ou déformaient l’histoire, les enjeux, les théories, les expériences ainsi que les perspectives des femmes. Ce domaine d’études interdisciplinaires et multidisciplinaires explore le genre comme construction sociale et culturelle, de même que le statut social et les contributions des femmes à la société, ainsi que les hiérarchies et relations de pouvoir à l’œuvre dans des sociétés et des époques différentes. Émergeant d’abord sous la forme de cours intégrés à des programmes existants, ces études ont été constituées en programmes de premier et de deuxième cycle universitaire dans les années 1980. Dans ce congrès, nous faisons le point sur l’adoption de l’approche féministe par les théoricien/nes et praticien/nes du développement rattaché aux courants et aux institutions dominantes. Il s’agit également d’évaluer si et comment de nouvelles pratiques féministes ont été théorisées dans les deux dernières décennies. Enfin, nous tentons de comprendre le rôle actuel des perspectives féministes dans les débats en développement international : ont-elles réussi à réduire les inégalités hommes-femmes en développement international et, si oui, comment?

Le genre y est considéré comme résultant d’un processus historique changeant et complexe, construit par les institutions économiques, sociales et culturelles, et les construisant à son tour. Les relations de genre désignent les rapports sociaux, notamment les inégalités entre les hommes et les femmes, mais aussi entre ceux/celles-ci et d’autres catégories sociales (de classe, de « race » ou d’ethnie, de religion, d’incapacité, etc.). Bien que conditionnées par les normes économiques, sociales et politiques prévalentes dans un temps et un espace donnés, ces relations sont dynamiques et, à ce titre, modifiables. Par ailleurs, le genre renvoie aux émotions, un puissant marqueur des stéréotypes de sexe, et aux identités mouvantes liées à des féminités et à des masculinités divergentes qui, au-delà de ces dualités, comprennent désormais les réalités transgenres (Connell, 2012). Attiré/es par ce sujet d’étude, souvent en raison de leur sensibilité politique à l’égard de la justice de genre, les universitaires et les praticien/nes du développement considèrent que la notion de genre est indispensable tant d’un point de vue politique que théorique pour comprendre non seulement les tensions et divisions qui traversent le domaine du développement international, mais aussi les inégalités de sexe et leurs intersections avec d’autres systèmes d’oppression (racisme, classisme, capacitisme, etc.) qui touchent à des degrés divers toutes les sociétés.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
Discutant-e- de la session : Kerline Joseph
section icon Date : 31 mai 2019

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