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EL HADJI MOUSTAPHA DIOP : Macalester College
Cette présentation vise deux objectifs : d’une part dresser un état des lieux des acquis de la recherche en traduction intermédiatique pour l’Afrique contemporaine; de l’autre, montrer dans quelle mesure un cinéaste comme le Sénégalais Sembène Ousmane peut être considéré, non comme un auto-adaptateur, mais comme le tradaptateur de ses propres textes littéraires. On empruntera à Jean Delisle cette fameuse notion de « tradaptation », proposée dans les années 80 pour rendre compte des traductions multi-segmentales (pièces théâtrales à traduire, convertir en playtext, scénariser et, enfin, jouer sur scène), afin de briser le cercle vicieux des dualismes entre le littéraire et le filmique, ou leurs avatars à l’ère du numérique. Plutôt que de passage d’un médium à un autre, ou d’enchevêtrement intermédiatique, on cherche à montrer que pour ce cinéaste la question fondamentale n’est pas tant de mieux représenter « le métatexte » de sa culture ((Tymoczko, dans Bassnett et Trivedi, 1999) avec le cinéma, d’être fidèle à tel esprit ou telle lettre de son œuvre, que de passer à un régime de signification où les conditions de visibilité de ce métatexte sont optimisées, dans la mesure où les négociations de codes interviennent à plusieurs niveaux de sémiotisation, bien au-delà de la relexification du français dans les textes écrits (Zabus 1991).
Nous retrouvons l’adaptation de textes sous une multitude de formes et nous y avons recours dans plusieurs domaines différents. Pour certains, l’adaptation de textes est un processus de reterritorialisation du texte de départ (Brisset, 1986). D’autres la définissent comme une forme de naturalisation visant à produire le même effet que l’original (Santoyo, 1989). L’adaptation Web, pour sa part, suppose la révision et la modification de l’ensemble des aspects communicationnels d’un document (Kavanagh, 2007). S’il peut être utile de dresser une typologie de l’adaptation de textes, nous devons tenir compte du fait qu’elle se moque bien de la sempiternelle fidélité absolue à l’original : dans tous les cas, elle sollicite la créativité du langagier, qu’il soit rédacteur ou traducteur. Cette activité est donc davantage de l’ordre de la recréation que de la traduction ou de la rédaction. Cependant, adaptation de textes ne saurait rimer avec liberté inconditionnelle. En effet, c’est l’existence de limites qui permet la définition d’un espace de l’adaptation et, par là même, de l’activité rédactionnelle ou traduisante. Les règles servent de tremplin à la création au sein de limites préétablies.
Ce colloque aimerait susciter une prise en compte des dimensions culturelle et interdisciplinaire de l’adaptation de textes. En effet, celle-ci s’impose de façon différente selon les domaines, les situations et les cultures. Dès lors, le défi est double, car il faut négocier l’adaptation entre un contexte global et territorial.
Ce colloque interdisciplinaire invite des communications sur l’adaptation de textes (depuis ou vers le français et l’anglais si le thème est la traduction) dans les domaines littéraire ou pragmatique : adaptation cinématographique, traduction théâtrale, publicitaire ou audiovisuelle, vulgarisation de textes scientifiques ou techniques, adaptation Web, rédaction devant tenir compte de supports choisis, de publics visés ou de contraintes éditoriales, etc.
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