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Andrea Martinez : Université d'Ottawa
Ce chapitre propose de (re)découvrir la multifonctionnalité des droits fonciers et leurs liens avec les droits socio-économiques des femmes des pays des Suds en général, et du Brésil en particulier. Par-delà l’examen des inégalités systémiques en matière d’accès et de droit à la terre au Brésil, les auteures s’intéressent au rôle des femmes dans les mouvements de lutte pour la terre, et notamment à leurs stratégies de résistance et de survie. A travers les témoignages d’une cinquantaine de femmes vivant dans les favelas de Recife et de Fortaleza, deux villes de la région du Nordeste, elles offrent une analyse située de la pratique de l’agriculture urbaine et périurbaine (AUP) comme stratégie d’autonomisation collective. L’AUP a peu ou pas d’incidence sur le pouvoir économique ou la sécurité alimentaire de ces femmes. Sa force réside plutôt dans sa capacité à rompre l’isolement et à s’émanciper sur les plans individuel (pouvoir sur soi) et relationnel (pouvoir avec). Ainsi, la mise en place de projets collectifs favorise une transformation sociale reconnaissable à l’amélioration de la qualité de vie, et de la santé des femmes elles-mêmes et de leurs communautés. Toutefois, il leur faut encore relever le défi de l’intersectionnalité. Car, à l’instar d’autres secteurs de l’économie sociale et solidaire, les positionnements et les perspectives critiques des femmes noires et autochtones semblent pour l’instant échapper aux revendications des femmes du mouvement associatif d’AUP.
Les études en genre et développement font partie intégrante de la conversation et des relations en cours entre universitaires et activistes, chercheuses et praticien/nes. Ce champ d’études a vu le jour en raison de préoccupations quant à la façon dont les autres domaines de recherche ignoraient ou déformaient l’histoire, les enjeux, les théories, les expériences ainsi que les perspectives des femmes. Ce domaine d’études interdisciplinaires et multidisciplinaires explore le genre comme construction sociale et culturelle, de même que le statut social et les contributions des femmes à la société, ainsi que les hiérarchies et relations de pouvoir à l’œuvre dans des sociétés et des époques différentes. Émergeant d’abord sous la forme de cours intégrés à des programmes existants, ces études ont été constituées en programmes de premier et de deuxième cycle universitaire dans les années 1980. Dans ce congrès, nous faisons le point sur l’adoption de l’approche féministe par les théoricien/nes et praticien/nes du développement rattaché aux courants et aux institutions dominantes. Il s’agit également d’évaluer si et comment de nouvelles pratiques féministes ont été théorisées dans les deux dernières décennies. Enfin, nous tentons de comprendre le rôle actuel des perspectives féministes dans les débats en développement international : ont-elles réussi à réduire les inégalités hommes-femmes en développement international et, si oui, comment?
Le genre y est considéré comme résultant d’un processus historique changeant et complexe, construit par les institutions économiques, sociales et culturelles, et les construisant à son tour. Les relations de genre désignent les rapports sociaux, notamment les inégalités entre les hommes et les femmes, mais aussi entre ceux/celles-ci et d’autres catégories sociales (de classe, de « race » ou d’ethnie, de religion, d’incapacité, etc.). Bien que conditionnées par les normes économiques, sociales et politiques prévalentes dans un temps et un espace donnés, ces relations sont dynamiques et, à ce titre, modifiables. Par ailleurs, le genre renvoie aux émotions, un puissant marqueur des stéréotypes de sexe, et aux identités mouvantes liées à des féminités et à des masculinités divergentes qui, au-delà de ces dualités, comprennent désormais les réalités transgenres (Connell, 2012). Attiré/es par ce sujet d’étude, souvent en raison de leur sensibilité politique à l’égard de la justice de genre, les universitaires et les praticien/nes du développement considèrent que la notion de genre est indispensable tant d’un point de vue politique que théorique pour comprendre non seulement les tensions et divisions qui traversent le domaine du développement international, mais aussi les inégalités de sexe et leurs intersections avec d’autres systèmes d’oppression (racisme, classisme, capacitisme, etc.) qui touchent à des degrés divers toutes les sociétés.
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