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L’application d’un cadre multidisciplinaire de positivité sexuelle pour étudier les relations entre le développement de robots sexuels et le travail du sexe au Canada

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Delphine Ditecco : Carleton University

Résumé de la communication

Les robots sexuels confrontent la société à un ensemble de dilemmes éthiques à la croisée des chemins entre la technologie, la sexualité et le droit. La nécessité de nouvelles législations pointe à l’horizon rapidement. Malheureusement, l'identification de cadres théoriques pour bien ancrer la recherche dans ce domaine se révèle difficile. La réflexion sur les liens entre la loi sur le travail du sexe, la mise au point de robots sexuels et leurs impacts possibles sur les travailleuses du sexe, s’avère particulièrement complexe. Jusqu’ici, ces enjeux ont plutôt été abordés sous l’angle d’opinions personnelles ou encore de généralisations. La négativité sexuelle, en particulier à l’égard des robots sexuels et des travailleuses du sexe, nuit à la recherche des besoins spécifiques des individus de ces deux populations. En se plaçant dans le contexte juridique canadien, je propose l'application d'un cadre multidisciplinaire de positivité sexuelle pour étudier efficacement les relations entre le développement de robots sexuels et la vie des travailleuses du sexe canadiennes. À travers huit dimensions fondamentales, ce cadre théorique met l’accent sur les expériences individuelles, l’empathie et les stratégies de résolution de conflits. En stimulant une communication entre utilisateurs et concepteurs de robots sexuels, travailleuses du sexe et chercheurs, ce cadre multidisciplinaire de positivité sexuelle devrait favoriser un processus plus inclusif d'élaboration de politiques.

Résumé du colloque

La fiction d’anticipation annonce depuis longtemps l’avènement de robots dotés de capacités et fonctions sexuelles (sexbots). Depuis quelques années, la réalité rejoint la fiction. Parallèlement à l’explosion des nouvelles technologies sexuelles immersives (p. ex., la pornographie en réalité virtuelle (RV) et en réalité augmentée (RA)), aux premières applications d’intelligence artificielle (IA) à la pornographie ainsi qu’au développement d’agents conversationnels sexualisés, les premiers prototypes de poupées sexuelles dotées d’IA et de capacités animatroniques sont présentement développés et mis en marché. Certains chercheurs constatent déjà la croissance rapide et importante des relations intimes avec des partenaires virtuels et mécatroniques. Du point de vue de l’industrie des technologies sexuelles, cette innovation permettra de combler des besoins chez les millions de consommateurs de jouets sexuels et procurera des bénéfices encore inédits aux personnes célibataires, isolées ou handicapées. Toutefois, l’émergence de ces nouveaux artéfacts sexuels laisse présager des conséquences insoupçonnées; des mouvements sociaux opposés à leur développement se sont déjà formés, notamment la Campaign Against Sex Robots (depuis 2015). Les premiers chercheurs anglophones ayant abordé la problématique des robots sexuels, à la suite du philosophe John Danaher, sont divisés sur la question : certains dénoncent les risques (p. ex., la promotion de normes sexuelles néfastes), alors que d’autres défendent leur potentiel positif (p. ex., les applications médicales et thérapeutiques). Néanmoins, les études scientifiques du sujet demeurent limitées et très spéculatives; aucun modèle théorique sérieux n’a été proposé jusqu’à maintenant pour étudier ces phénomènes. Le présent manque de recherche entraîne de graves incertitudes quant au développement et à l’encadrement futur de l’industrie de la robotique sexuelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 31 mai 2019

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