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Le développement, l’autonomisation et l’automatisation des femmes au cœur des initiatives du Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle (GRAHN)

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Kerline Joseph : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les femmes en Haïti évoluent dans une certaine précarité et, dans la plupart des cas, elles sont mises à l’écart des lieux stratégiques décisionnels et de pouvoir. Or, les femmes haïtiennes constituent le pivot du cercle familial et endossent souvent le rôle de chef de famille. Dans ce contexte, comment peuvent-elles faire fi du phénomène de la construction sociale et aspirer à endosser un rôle d’agentes de changement et d’actrices de développement? Quel pourrait être l’apport de la diaspora dans un contexte de développement international? En Haïti, la zone rurale rime la plupart du temps avec sévère précarité des conditions socio-économiques. Conscient de cette dure réalité, le GRAHN se mobilise pour mettre en place, en pleine région, une structure pluridimensionnelle, soit le village de la Cité du savoir qui sera constitué de plus d’une quinzaine d’édifices couvrant quatre secteurs: universitaire, scolaire, services et agriculture, en vue de répondre à des besoins criants de la population générale. Nous chercherons à déterminer comment et à quel niveau le GRAHN s’évertue-t-il à intégrer de manière systématique et transversale dans toutes les étapes de développement et de mise en œuvre de ses initiatives, dont celle du Village, l’analyse différenciée selon les sexes.

Résumé du colloque

Les études en genre et développement font partie intégrante de la conversation et des relations en cours entre universitaires et activistes, chercheuses et praticien/nes. Ce champ d’études a vu le jour en raison de préoccupations quant à la façon dont les autres domaines de recherche ignoraient ou déformaient l’histoire, les enjeux, les théories, les expériences ainsi que les perspectives des femmes. Ce domaine d’études interdisciplinaires et multidisciplinaires explore le genre comme construction sociale et culturelle, de même que le statut social et les contributions des femmes à la société, ainsi que les hiérarchies et relations de pouvoir à l’œuvre dans des sociétés et des époques différentes. Émergeant d’abord sous la forme de cours intégrés à des programmes existants, ces études ont été constituées en programmes de premier et de deuxième cycle universitaire dans les années 1980. Dans ce congrès, nous faisons le point sur l’adoption de l’approche féministe par les théoricien/nes et praticien/nes du développement rattaché aux courants et aux institutions dominantes. Il s’agit également d’évaluer si et comment de nouvelles pratiques féministes ont été théorisées dans les deux dernières décennies. Enfin, nous tentons de comprendre le rôle actuel des perspectives féministes dans les débats en développement international : ont-elles réussi à réduire les inégalités hommes-femmes en développement international et, si oui, comment?

Le genre y est considéré comme résultant d’un processus historique changeant et complexe, construit par les institutions économiques, sociales et culturelles, et les construisant à son tour. Les relations de genre désignent les rapports sociaux, notamment les inégalités entre les hommes et les femmes, mais aussi entre ceux/celles-ci et d’autres catégories sociales (de classe, de « race » ou d’ethnie, de religion, d’incapacité, etc.). Bien que conditionnées par les normes économiques, sociales et politiques prévalentes dans un temps et un espace donnés, ces relations sont dynamiques et, à ce titre, modifiables. Par ailleurs, le genre renvoie aux émotions, un puissant marqueur des stéréotypes de sexe, et aux identités mouvantes liées à des féminités et à des masculinités divergentes qui, au-delà de ces dualités, comprennent désormais les réalités transgenres (Connell, 2012). Attiré/es par ce sujet d’étude, souvent en raison de leur sensibilité politique à l’égard de la justice de genre, les universitaires et les praticien/nes du développement considèrent que la notion de genre est indispensable tant d’un point de vue politique que théorique pour comprendre non seulement les tensions et divisions qui traversent le domaine du développement international, mais aussi les inégalités de sexe et leurs intersections avec d’autres systèmes d’oppression (racisme, classisme, capacitisme, etc.) qui touchent à des degrés divers toutes les sociétés.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 31 mai 2019

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