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Pierre-Luc Moreau : Université de Montréal
Les activités de médiation culturelle peuvent être aussi diverses qu’il y a de publics et c’est un des buts de la médiation culturelle que de rendre les arts accessibles à tous. Pour ce faire, il faut donc s’adapter à ses divers publics (Wallon, 2008). À l’aide du catalogue raisonnée de dispositifs de médiation de la musique du P²M, je m’attarderai à la singularité ou aux ressemblances des dispositifs de médiation de la musique dans le monde de l’opéra. Dans ce domaine, les dispositifs numériques de médiation de la musique semblent souvent génériques et peu ciblés vers un public en particulier, surtout dans l’offre des organismes spécialisés dans le domaine lyrique. Je questionnerai donc les formats, les formes narratives de ces dispositifs et les acteurs qui y sont mis en scène. De la même façon, je comparerai leur travail à celui des organismes non spécialisés dans le domaine lyrique lorsqu’ils parlent d’opéra. Je dresserai ainsi les tendances empruntées dans le domaine de la médiation numérique par les organismes musicaux traitant de l’opéra et je montrerai à quels publics s’adresse l’offre de dispositifs de médiation sur l’opéra tous organismes confondus.
Grâce au développement des capacités d’encodage informatique, des réseaux, des équipements et des applications logicielles, le numérique a entraîné de nombreux organismes à repenser leur mission culturelle et éducative, notamment les musées, en les amenant à se projeter dans un nouvel espace offrant une grande diversité à l’action (Allard, 2012; Devauchelle, 2012; Andreacola, 2014; Baujard, 2018; Vidal, 2018) dans une perspective de démocratisation culturelle. Ainsi, des pratiques de médiation culturelle (Casemajor, Dubé, Lafortune et Lamoureux, 2017) tirent profit des potentialités offertes par le numérique pour favoriser l’établissement d’une relation entre diverses propositions culturelles ou artistiques et des publics diversifiés.
Qu’il tire son origine des musées, des bibliothèques et centres d’archives, de la danse, du théâtre, du cirque ou de la musique, le déploiement de pratiques de médiation culturelle au moyen de dispositifs numériques fait naître de multiples enjeux et problématiques. Alors que divers inventaires critiques de dispositifs de médiation numériques sont en cours, notamment par Guay (2017) dans le domaine des arts de la scène, et Duchesneau et Kirchberg (2017) pour la musique, que des intervenants culturels, éducatifs et universitaires se questionnent sur la valorisation scolaire des contenus culturels numériques (Larouche et Simard, 2017) et que des intervenants muséaux s’interrogent sur les bénéfices associés à différents dispositifs (Musée des beaux-arts de Montréal, 2018), nous proposons de décrire et de discuter les enjeux associés à la mise en œuvre de dispositifs de médiation numérique, au prisme des disciplines et des publics.
Ainsi, sur le plan disciplinaire, de quelle nature sont les propositions culturelles visées par la médiation numérique et comment sont-elles prises en charge par différents dispositifs? Comment se conjugue, dans le secteur des arts de la scène, la médiation numérique à la présence simultanée de l’artiste et du public? Sur quelle temporalité intervient-elle, en lien avec l’expérience même de l’œuvre artistique? Y a-t-il des résistances de la part des créateurs et comment s’expriment-elles à l’égard de la médiation numérique? Jusqu’à quel point la mise en place d’un dispositif s’appuie-t-elle sur la collaboration et la cocréation avec les usagers pressentis? Comment, dans l’espace muséal, le déploiement de dispositifs de médiation numérique percute-t-il l’expérience même de visite? Jusqu’à quel point les dispositifs de médiation numérique favorisent-ils l’appropriation des propositions culturelles ou artistiques auxquelles ils se rapportent? Comment se mesure l’atteinte d’objectifs liés aux dispositifs de médiation numérique? Ce sont là quelques-unes des questions de ce colloque lancé par le Laboratoire de recherche sur les publics de la culture, et qui réunira chercheurs et praticiens aux différents ancrages disciplinaires.