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Sabine Kahn : Université libre de Bruxelles
L’analyse d’une centaine de plans belges et québécois fait apparaître deux dimensions problématiques en ce qui concerne, d’une part, l’entrée des élèves dans la culture scolaire et ses particularités, particularités liées au savoir et à la posture nécessaire aux apprentissages scolaires (Baillet et al, à paraître ; Rey, 2014) et, d’autre part, le regard des enseignants sur la difficulté scolaire et l’école inclusive (Kahn, 2010 ; Tremblay, 2012). Nous verrons, à partir de quelques exemples emblématiques tirés des plans, comment ce dispositif peut, malgré une volonté affichée d’inclure ou d’intégrer les élèves concernés, participer à les maintenir en dehors de la culture scolaire et d’une certaine façon à les maintenir exclus.
Dans la foulée de l’Education for All Handicapped Children Act, le plan d’enseignement individualisé (PEI) est apparu aux États-Unis dès 1975. Il vise à offrir des programmes et des services adaptés à l’élève (Goupil, 2004) et s’est largement répandu à partir des années 1990 en Amérique du Nord et en Europe (Rodger, 1995), devenant même une obligation légale dans de nombreux pays. L’Agence européenne pour l’éducation adaptée et inclusive indique que « la plupart des pays utilisent un projet éducatif individualisé (PEI) pour les étudiants à besoins éducatifs particuliers (BEP) pendant la scolarité obligatoire. Ce type de document inclut généralement la manière dont le programme d’enseignement est suivi, les ressources supplémentaires nécessaires, les objectifs et l’évaluation de l’approche éducative adoptée » (2003, p. 12). Il en existe des variantes : on parle de plan d’enseignement individualisé (PEI) en Ontario, de plan d’intervention (PI) au Québec, de projet pédagogique individualisé (PPI) en Suisse, de plan individuel d’apprentissage (PIA) en Belgique, ou encore de projet personnalisé de réussite éducative (PPRE) en France pour ne nommer que celui-ci (la France compte plusieurs déclinaisons du plan en fonction des besoins identifiés des élèves). Le plan d’intervention exerce généralement sept fonctions (communication, planification, identification, collaboration, régulation, adaptation et transition) (Tremblay, 2018). La mise en œuvre des plans ne semble cependant pas toujours aller de soi. Face aux difficultés et limites dans la mise en œuvre, il est utile de s’interroger sur les fonctions et les usages de ces types de plans d’aide à l’élève et, plus généralement, de dispositifs autres d’aide, d’accompagnement ou de soutien aux élèves.
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