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L’évaluation des compétences professionnelles des enseignants comme acte de communication

MZ

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Méliné Zinguinian : Haute école pédagogique du canton de Vaud

Résumé de la communication

L’évaluation peut être entendue comme un processus décisionnel (notamment De Ketele, 1998 (1997) ; Mottier Lopez & Allal, 2010), la compétence comme « en même temps la capacité et sa reconnaissance » (Stroobants, 2007, p. 89). Nous voyons poindre la dimension sociale de l’évaluation des compétences et les relations de pouvoir qui la traverse (Berrebi-Hoffmann, 2010 ; Zarka, 2009 ). Si en plus les décisions ne prennent leur effet qu’une fois communiquées (Sfez, 1992), l’évaluation devient un acte de communication entre divers acteurs (évaluateur-évalué-instituton de formation-futur employeur, etc.), « une interaction, un échange, une négociation entre évaluateur et évalué » (Weiss, 1991, p. 6). L’évaluation a ainsi une dimension sociale et stratégique reconnue (par exemple Mottier Lopez & Allal, 2008).

À partir de l’analyse des notes mises dans les bilans d’évaluation de deux volées d’étudiants en 1re année de formation pour l’enseignement au secondaire obligatoire en Suisse et des retours des évaluateurs sur l’utilisation du nouvel instrument d’évaluation qui leur est fourni et qui prend la forme d’échelles descriptives, nous essaierons de montrer la complexité du processus d’évaluation, les multiples enjeux qui le traversent du point de vue de l’évaluateur et la place que pourrait occuper la dimension sociale de l’évaluation dans les prises de décision.

Résumé du colloque

Les formations professionnalisantes, dont les formations à l’enseignement font partie, peuvent être conçues selon plusieurs modalités. Entre des formations centrées sur les compétences purement universitaires et des formations s’intéressant principalement aux compétences non universitaires, de nombreuses ingénieries de formation ont vu le jour durant les dernières décennies, l’alternance et l’apprentissage par situations en étant deux exemples emblématiques. Mais l’organisation de l’alternance varie fortement d’une institution à l’autre. Ainsi, si certaines écoles organisent la formation pratique autour de quelques semaines de stage par année, d’autres proposent une formation en cours d’emploi qui place l’expérience au centre du dispositif. Les intentions de formation aussi divergent grandement, la place de la réflexivité individuelle variant fortement que l’on se trouve dans un modèle à compétence minimale ou dans un modèle à professionnalisme ouvert.

Pour que l’expérience devienne expérimentation ou pour que le savoir universitaire puisse être mobilisé dans une situation, un travail de médiatisation est nécessaire. Mais l’analyse de pratiques, nécessaire à ce travail de médiatisation, ne se fait que difficilement seul et l’accompagnement, mis au service de la création des liens théorie-pratique, s’est imposé dans la plupart des formations professionnalisantes.

Ainsi, pour que la formation et l’évaluation soient efficacement mises au service des ingénieries de l’alternance à visée professionnalisante, il est légitime de se questionner sur les formes de formation ainsi que sur l’objet de l’évaluation.

L’objet de ce colloque est de se demander comment les savoirs de la pratique, pour la pratique et sur la pratique sont proposés et utilisés dans les formations professionnelles en alternance, ce qui fait l’objet de l’évaluation et en dicte les modalités, et de se demander quels en sont les effets sur la professionnalisation des acteurs.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
Discutant-e- de la session : Christophe Gremion
section icon Date : 31 mai 2019

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