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Alexandre Dubé-Belzile : Université d'Ottawa
Dans Le droit de traduire, Salah Basalamah défendait l’idée que « tout est traduction ou rien n’est signe » (Basalamah 2009, 109‑10). Cela semble tout à fait avéré lorsque nous nous penchons sur l’œuvre du poète italien et son travail d’adaptation, qui sera l’objet de notre communication. Au XXe siècle, Pasolini a puisé dans les textes orientaux pour s’attaquer à, pourrait-on dire, un second moyen âge, ce qu’il aura appelé le « fascisme » de la société de consommation (Pier Paolo Pasolini 1975), et ce, de la même manière dont Giordano Bruno, auteur de la Renaissance, s’était inspiré des textes de savants arabes, comme Averroes, « découverts » après la chute de Constantinople. Brûlé sur le bûcher par l’Église, Bruno aura été considéré comme un martyr de la science (Aquilecchia 2018). On pourrait aussi dire que Pier Paolo Pasolini, assassiné en 1975, est en quelque sorte un martyr et un hérétique par rapport aux dogmes de l’église catholique, au marxisme et aux institutions du cinéma (Pasolini 1976a). Notre communication cherche à explorer la contribution de Pasolini à l’adaptation cinématographique en abordant la nature de ses adaptations, qui s’inspire à la fois d’œuvre picturale religieuse, comme La lamentation sur le Christ mort de Mantegna dans Mama Roma, et de textes « classiques », dont les Évangiles, Sophocle ou le Marquis de Sade. Nous chercherons aussi à expliquer son « orientalisme hérétique » en faisant un parallèle avec les auteurs de la Renaissance.
Nous retrouvons l’adaptation de textes sous une multitude de formes et nous y avons recours dans plusieurs domaines différents. Pour certains, l’adaptation de textes est un processus de reterritorialisation du texte de départ (Brisset, 1986). D’autres la définissent comme une forme de naturalisation visant à produire le même effet que l’original (Santoyo, 1989). L’adaptation Web, pour sa part, suppose la révision et la modification de l’ensemble des aspects communicationnels d’un document (Kavanagh, 2007). S’il peut être utile de dresser une typologie de l’adaptation de textes, nous devons tenir compte du fait qu’elle se moque bien de la sempiternelle fidélité absolue à l’original : dans tous les cas, elle sollicite la créativité du langagier, qu’il soit rédacteur ou traducteur. Cette activité est donc davantage de l’ordre de la recréation que de la traduction ou de la rédaction. Cependant, adaptation de textes ne saurait rimer avec liberté inconditionnelle. En effet, c’est l’existence de limites qui permet la définition d’un espace de l’adaptation et, par là même, de l’activité rédactionnelle ou traduisante. Les règles servent de tremplin à la création au sein de limites préétablies.
Ce colloque aimerait susciter une prise en compte des dimensions culturelle et interdisciplinaire de l’adaptation de textes. En effet, celle-ci s’impose de façon différente selon les domaines, les situations et les cultures. Dès lors, le défi est double, car il faut négocier l’adaptation entre un contexte global et territorial.
Ce colloque interdisciplinaire invite des communications sur l’adaptation de textes (depuis ou vers le français et l’anglais si le thème est la traduction) dans les domaines littéraire ou pragmatique : adaptation cinématographique, traduction théâtrale, publicitaire ou audiovisuelle, vulgarisation de textes scientifiques ou techniques, adaptation Web, rédaction devant tenir compte de supports choisis, de publics visés ou de contraintes éditoriales, etc.
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