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Penser le phénomène des fillettes placées, « petites bonnes » non salariées (vidomègon), au Bénin: aporie entre catégorisation sociale et/ou source de développement

MF

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Montserrat Fitó : EHESS, Paris - CIRCACIA, Cayenne

Résumé de la communication

La majorité des enfants placés non salariés du Bénin (vidomègon en langue fon) est actuellement de sexe féminin et d’origine rurale. Cette réalité semble faire consensus parmi les chercheurs tant nationaux qu’internationaux (Attenoukon et alii, 2010; Morganti, 2014; Hounyoton, 2017; etc.). D’après des enquêtes de terrain, nous analyserons la catégorisation sociale concernant ces domestiques et petites vendeuses au regard des mesures de développement endogène. Puis notre réflexion s’élargira aux concepts utilisés dans certaines politiques locales présentées à l’international comme relevant du développement durable (Fitó, 2009). Enfin, en un jeu de miroir, nous nous interrogerons sur le rapport entre ces deux logiques, montrant, depuis une perspective de dialogue entre la philosophie et les sciences humaines, la complexité inhérente à une pensée sur la place de ces femmes en devenir dans le contexte analysé. De cette confrontation ressort l’aporie (contradiction, difficulté embarrassante à résoudre un problème) entre la catégorisation sociale des fillettes soumises au travail forcé et la lecture qui parfois est faite de leur contribution au développement économique de leurs tutrices ou patronnes et de leurs familles.

Résumé du colloque

Après plus d’un demi-siècle de mise en œuvre de stratégies de développement, les conditions de vie d’une grande partie de la population ont empiré dans les pays d’Afrique. Ces stratégies ont plutôt conduit à une aggravation des inégalités dans la répartition des revenus et à une exacerbation des inégalités de genre. Les inégalités de revenus liées au genre sont alarmantes et conduisent à une « féminisation de la pauvreté ». Cependant, les femmes, dans la société africaine, ont toujours occupé une place primordiale dans l’amélioration des conditions de vie des communautés. Dans le domaine de l’agriculture, par exemple, elles ont le monopole de la filière de production des cultures vivrières, qui assure la sécurité alimentaire dans les pays africains. Par ailleurs, à l’heure où différents analystes économiques prévoient le maintien de la reprise économique en Afrique pour les prochaines années, il importe de favoriser la prise en compte des initiatives des femmes dans l’élaboration de politiques de développement pour un développement socialement durable. Dans ce contexte, ce colloque se veut un lieu de dialogue entre les chercheur-e-s et les praticien-ne-s afin de contribuer à mettre en exergue le rôle des femmes africaines dans le développement du continent.

Ce colloque se propose de répondre aux questions suivantes : 1) Quel est le bilan de la thématique « femmes et développement »? Quels sont les nouveaux défis? 2) Comment ces défis sont-ils intégrés dans les objectifs de développement durable (ODD) ainsi que dans les politiques et stratégies de développement des pays africains? 3) Les féminismes du Sud ou le genre en Afrique dans les théories sur l’émancipation des femmes : quels enjeux? La question de la mobilisation des femmes autour d’enjeux spécifiques : où en est l’Afrique? 4) Comment les milieux ruraux se restructurent-ils sous l’influence des initiatives des femmes? et 5) Entrepreneuriat féminin, économie sociale et health care : quelles actions pour quels résultats?

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 31 mai 2019

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