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Santé reproductive et développement : Les défis de la mise en œuvre d’un programme féministe

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Anne Calvès : Université de Montréal

Résumé de la communication

Grâce à une action efficace des réseaux féministes transnationaux, la communauté internationale a ratifié un Programme d’action historique lors de la 3èmeConférence internationale sur la population et le développement qui s'est tenue au Caire en 1994. L’approche de la « santé reproductive » qui y est adoptée va au-delà du simple accès à la contraception pour contrôler la fécondité dans les pays du Sud. Elle vise plutôt à promouvoir une meilleure santé en matière de sexualité et de reproduction, y compris parmi les jeunes. De fait, cette vision large de la reproduction place les droits sexuels et génésiques des femmes et les rapports de genre au cœur des problématiques de population. Malgré une adhésion initiale forte des gouvernements et des bailleurs de fonds, la mise œuvre du Programme d’action s’est révélée difficile. Aux défis financiers, se sont ajoutés notamment le manque de volonté politique, les barrières culturelles, et l’opposition idéologique des conservateurs politiques et religieux. Plus de 20 ans après les engagements pris au Caire et malgré quelques succès, le bilan est globalement décevant. Pour autant les féministes, au Nord comme au Sud, ne désarment pas et poursuivent avec détermination leur combat pour promouvoir la santé reproductive.

Résumé du colloque

Les études en genre et développement font partie intégrante de la conversation et des relations en cours entre universitaires et activistes, chercheuses et praticien/nes. Ce champ d’études a vu le jour en raison de préoccupations quant à la façon dont les autres domaines de recherche ignoraient ou déformaient l’histoire, les enjeux, les théories, les expériences ainsi que les perspectives des femmes. Ce domaine d’études interdisciplinaires et multidisciplinaires explore le genre comme construction sociale et culturelle, de même que le statut social et les contributions des femmes à la société, ainsi que les hiérarchies et relations de pouvoir à l’œuvre dans des sociétés et des époques différentes. Émergeant d’abord sous la forme de cours intégrés à des programmes existants, ces études ont été constituées en programmes de premier et de deuxième cycle universitaire dans les années 1980. Dans ce congrès, nous faisons le point sur l’adoption de l’approche féministe par les théoricien/nes et praticien/nes du développement rattaché aux courants et aux institutions dominantes. Il s’agit également d’évaluer si et comment de nouvelles pratiques féministes ont été théorisées dans les deux dernières décennies. Enfin, nous tentons de comprendre le rôle actuel des perspectives féministes dans les débats en développement international : ont-elles réussi à réduire les inégalités hommes-femmes en développement international et, si oui, comment?

Le genre y est considéré comme résultant d’un processus historique changeant et complexe, construit par les institutions économiques, sociales et culturelles, et les construisant à son tour. Les relations de genre désignent les rapports sociaux, notamment les inégalités entre les hommes et les femmes, mais aussi entre ceux/celles-ci et d’autres catégories sociales (de classe, de « race » ou d’ethnie, de religion, d’incapacité, etc.). Bien que conditionnées par les normes économiques, sociales et politiques prévalentes dans un temps et un espace donnés, ces relations sont dynamiques et, à ce titre, modifiables. Par ailleurs, le genre renvoie aux émotions, un puissant marqueur des stéréotypes de sexe, et aux identités mouvantes liées à des féminités et à des masculinités divergentes qui, au-delà de ces dualités, comprennent désormais les réalités transgenres (Connell, 2012). Attiré/es par ce sujet d’étude, souvent en raison de leur sensibilité politique à l’égard de la justice de genre, les universitaires et les praticien/nes du développement considèrent que la notion de genre est indispensable tant d’un point de vue politique que théorique pour comprendre non seulement les tensions et divisions qui traversent le domaine du développement international, mais aussi les inégalités de sexe et leurs intersections avec d’autres systèmes d’oppression (racisme, classisme, capacitisme, etc.) qui touchent à des degrés divers toutes les sociétés.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 31 mai 2019

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