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Travail social et mouvements sociaux : la contribution des théories sur l’action collective aux connaissances en organisation communautaire

JB

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Jean-Vincent Bergeron-Gaudin : Université de Montréal

Résumé de la communication

Plusieurs auteur-e-s ont déjà souligné l’influence qu’ont exercé les mouvements
sociaux dans le développement de l’organisation communautaire au Québec (Jetté,
2017; Comeau et al., 2008; Comeau et Favreau, 2007). Si cette influence a pu
fluctuer à travers le temps, elle demeure toujours d’actualité, comme en témoignent
les résultats d’une enquête récente sur la pratique qui constate dans les dernières
années un regain d’intérêt pour les approches inspirées des mouvements sociaux,
du moins dans le secteur communautaire (Comeau, Bourque et Lachapelle, 2018).
Bien que cette influence soit reconnue, l’articulation entre les mouvements sociaux
et l’organisation communautaire demeure étonnamment peu théorisée dans la
littérature. S’appuyant sur une recension des principaux écrits sur l’organisation
communautaire au Québec, cette communication propose d’approfondir ce
questionnement. La présentation sera structurée autour de trois questions :
comment la relation entre les mouvements sociaux et l’organisation communautaire
est-elle pensée dans la littérature, de quelle façon les théories sur l’action collective
sont-elles utilisées en organisation communautaire et quelle contribution
supplémentaire ces théories peuvent-elles apporter aux connaissances en
organisation communautaire? Pour cette dernière question, la réflexion sera
principalement développée à partir des concepts de carrière militante et de cadrage.

Résumé du colloque

Au Québec, la pratique de l’organisation communautaire a produit dans les 50 dernières années tout un corpus de connaissances (Bourque et al., 2007; Lavoie et Panet-Raymond, 2014). Celles-ci ont largement été influencées par certaines réalités historiques nationales liées à la formation et à la transformation de l’État social et à l’évolution de ses rapports avec les mouvements sociaux, en particulier avec les groupes communautaires. Cette imbrication a procuré une certaine vitalité aux savoirs dans le domaine, qui conserve malgré tout quelques zones d’ombre importantes. La réflexion sur la place du conflit dans l’intervention, notamment, a été en grande partie délaissée, alors que depuis plusieurs décennies l’accent est mis sur les liens de partenariat qui devraient unir les acteurs sociaux et politiques (Gaudreau, 2013). D’autres formes de mobilisation, concernant entre autres la critique anticapitaliste ou la reconnaissance de la diversité sexuelle et de genre, tardent également à être pleinement intégrées aux analyses. Le sens même des termes employés pour définir la pratique, tels que « organisation » ou « communauté », demeure aussi peu problématisé. Enfin, les comparaisons internationales se font encore trop peu nombreuses, la littérature restant très attachée à la singularité de l’expérience québécoise, surtout francophone.

Partant de ces constats, ce colloque propose de contribuer au renouvellement des connaissances sur l’organisation communautaire en travail social, en abordant cette pratique à la lumière de perspectives théoriques et d’objets empiriques nouveaux et revisités. La réflexion se structurera en trois blocs : 1) regards critiques et épistémologiques; 2) récits de pratiques en marge; et 3) outils méthodologiques et théoriques. D’un point de vue transversal, cette journée permettra d’interroger les frontières de l’organisation communautaire en tant que pratique professionnelle et militante.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 31 mai 2019

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