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Melissa Plet-Wyckhuyse : Radio Campus Tours
Un atelier d’écriture à l’École de la Deuxième Chance Val de Loire devient une émission de radio sur la radio étudiante, Radio Campus Tours. La voix ainsi portée, anonyme, s’adressant à des anonymes, fait de la radio un outil de soin. Raharimanana fut journaliste à RFi; en tant qu’auteur, il intervient à l’École de la Deuxième Chance dans le cadre d’ateliers d’écriture poétique. Les objectifs, pour les stagiaires, sont de dompter l’expression écrite et orale, de dire et dépasser par l’écrit certains passages difficiles de leurs parcours personnels. Ils viennent de pays différents, n’ont pas tous la même maîtrise de la langue française. La langue poétique permet de transcender ces obstacles.
Ayant déjà été interviewé dans mon émission Le Dahu, il me sollicite pour avoir un pendant sonore de son atelier, et pour permettre aux stagiaires de découvrir ce qu’est une radio associative locale, étudiante, porteuse d’un agrément jeunesse et éducation populaire; un média duquel ils pourraient être acteurs.
Cette expérience suscite quelques questions : Comment le cadre sécurisant du studio radio devient-il un lieu de réparation de soi? Comment le média radiophonique peut-il s’inscrire dans une démarche d’art-thérapie? Comment une démarche d’éducation aux médias peut-elle avoir une dimension soignante à l’échelle personnelle et à l’échelle de la société? Comment s’hybrident des compétences de soignant et de journaliste? L’éclairage des récits de vie permettrait de les approcher.
Le récit de soi comporte une puissance qui conjugue les dynamiques de formation de soi et de compréhension du monde (Dominicé, 1990; Leray, 1995; Pineau, 2006). Par le passage de l’expérience au langage et le travail de mise en mots du vécu, des processus de compréhension de soi et d’intercompréhension biographique peuvent advenir, permettant de produire de nouvelles connaissances (Breton, 2017). Dans ce colloque, nous interrogeons les usages contemporains des récits de vie en situant leurs ancrages théoriques et en déployant des aspects méthodologiques afin de caractériser les effets de compréhension qu’ils génèrent à la fois chez les chercheurs et chez les sujets qui s’impliquent.
L’utilisation des récits de vie en sciences sociales et humaines à des fins de recherche est loin de s’épuiser si l’on considère l’élargissement et la multiplicité de son emploi dans différents champs. Initialement employés en histoire, en anthropologie et en sociologie (Gottschalk, Kluckhohn et Angell, 1945), ils le sont à présent dans d’autres domaines (psychologie, travail social, sciences de la santé, sciences de l’éducation, etc.). La diversité des applications touche les aspects méthodologiques de l’emploi des récits de vie et concerne aussi les ancrages théoriques qui les orientent (interactionnisme symbolique, phénoménologie, ethnométhodologie, herméneutique, entre autres) (Bernard, 2014; Breton, 2019; Finger, 1984; Legrand, 1992; Malet, 2000; Woods, 1990). Les personnes et groupes sociaux concernés par les récits sont également diversifiés et les objets théoriques sont pluriels : décrochage scolaire, résilience, incidents critiques, événement biographique, pour en nommer quelques-uns (Barrère, 2002; Bessin, 2009; Demba, 2012; Lani-Bayle et Slowik, 2016). Le colloque est l’occasion, par l’exposition de recherches provenant des champs de l’éducation, de la formation et de la santé, d’examiner, de caractériser et de mettre à jour : les protocoles de recherche mobilisant le récit dans une visée compréhensive; les procédés de catégorisation propres à l’analyse de contenu lors des enquêtes narratives; les effets de compréhension et les connaissances produites par les approches narratives et biographiques (Delory-Momberger, 2017; Poirier, Clapier-Valladon et Raybaud, 1996).
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