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Julien Prud'homme : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Depuis la naissance de l’orthopédagogie dans les années 1960, les orthopédagogues vivent de façon très concrète les dilemmes et les paradoxes de ce qu’on a appelé « l’adaptation scolaire ». Pour cette raison, les orthopédagogues du passé comme du présent (et sans doute dans le futur) se sont donné plusieurs projets différents de « professionnalisation », qui correspondent à des manières différentes d’envisager les besoins des enfants et le rôle social de l’orthopédagogue. Ces différents projets collectifs de l’orthopédagogie n’ont pas tous été reçus de la même façon par la société et par les décideurs politiques.
Pour réfléchir de façon sociohistorique à ce qui rend socialement pertinente (ou pas) l’idée d’une orthopédagogie « plus forte », nous reviendrons sur les différentes visions de cette professionnalisation de l’orthopédagogie qui se sont succédées de 1967 à 2020. Nous nous demanderons pourquoi certaines visions sont jugées plus pertinentes que d’autres par les décideurs scolaires et politiques. Cela enrichira la réflexion sur la pertinence sociale de l’orthopédagogie dans l’avenir et sur la place de la formation dans ce futur possible.
Au Québec, la profession d’orthopédagogue jouit d’une progression dans différents secteurs publics et services privés. En Belgique, l’orthopédagogie s’actualise grâce à des programmes de formation universitaire et à la pratique dans les organismes qui offrent un service de rééducation. Cette profession s’inscrit dans une tradition qui a trait à l’évaluation-intervention auprès d’apprenants qui manifestent des difficultés ponctuelles ou persistantes sur le plan des apprentissages. Bien que depuis 2002 les orientations ministérielles québécoises ne permettent plus l’agrément de programmes de formation au baccalauréat en orthopédagogie au premier cycle universitaire, le statut d’orthopédagogue est reconnu par diverses institutions scolaires de tous les ordres. La profession se pratique dans tous les secteurs qui offrent des services éducatifs, de la petite enfance à l’âge adulte. Elle s’inscrit dans un processus de reconnaissance par différentes instances, dont l’Association des orthopédagogues du Québec (ADOQ) et la Table interuniversitaire de la formation en orthopédagogie (TIFO). Elle gagne à s’appuyer sur les connaissances issues de divers domaines de la recherche liée aux difficultés d’apprentissage, entre autres. Les difficultés d’apprentissage concernent en particulier les compétences en littératie (l’oral, la lecture, l’écriture), en mathématiques (numératie) et en appropriation de stratégies d’autorégulation impliquées dans le développement de la personne et de sa participation citoyenne. Ce colloque a pour but de mettre de l’avant les nouvelles connaissances en orthopédagogie qui permettent aux élèves qui vivent des difficultés d’apprentissage de relever les défis qu’ils rencontrent.
Titre du colloque :