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Emilie St-Amand : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Cette communication a pour but de présenter les avancements de notre thèse dans le cadre du doctorat réseau en éducation à l’UQAR. Motivée par un désir de nouvelles pratiques d’enseignements innovantes dans les cégeps (Fédération des cégeps, 2019), notre recherche a pour but d’amorcer une transposition didactique de la bande dessinée de superhéros (BDSH) dans des disciplines des Sciences humaines au collégial (SHC) via un répertoire de savoirs disciplinaires. Cette recherche contient trois concepts clés : la transposition didactique (l’outil de la transformation) et la BDSH (objet de la transformation) découpée en deux concepts : la BD et le superhéros comme un univers transfictionnel de la BD. Pour y arriver, nous aurons recours à une recherche spéculative à données existantes empruntant à différentes disciplines des Sciences humaines comme la psychologie (Piolat 2002; 2006), l’éducation (Thouin, 2014; Van der Maren, 2004; 2014) et l’histoire (Marwick, 2001). Cette méthodologie nous permet de répondre à nos deux objectifs secondaires : transposer en contexte québécois d’enseignement en SHC, de ce que l’on sait de la BDSH en Sciences humaines et sociales dans les écrits scientifiques anglo-saxons par le biais d’une recherche documentaire et concevoir un répertoire des savoirs disciplinaires à enseigner obtenus à partir des transformations adaptatives effectuées sur l’objet de la BDSH adapté aux contenus didactiques de disciplines des SHC.
La pandémie actuelle a mis en évidence l’effritement de la confiance citoyenne envers les savoirs scientifiques et une certaine vulnérabilité de la population à l’égard des fausses informations (Weber, 2019). En effet, avec la multiplicité des informations à caractère scientifique et l’éclatement des sources d’informations, notamment dans les médias sociaux, la parole scientifique est parfois confondue avec la parole « dissidente », qui relève de l’opinion. Ainsi, plusieurs s’inquiètent de la relation des adolescents avec ces sources d’informations alternatives (Daoust, 2017). Le développement d’une pensée critique à l’école s’avère essentiel et l’enseignement-apprentissage des sciences humaines et sociales (SHS) peut y contribuer (Lenoir, Hasni et Froelich, 2015).
De fait, l’apport des SHS au développement d’une pensée critique s’exprime de diverses manières, allant du développement d’une méthode d’analyse critique des documents (et des informations) (Gibson et Case, 2017; Seixas et Morton, 2013) à la construction d’une compréhension critique des dynamiques sociales et des jeux de pouvoir qui opèrent dans chaque phénomène social (Gibson, 2020), en passant par le développement d’une culture historique, géographique et politique capable de soutenir une réflexion informée sur le monde pluraliste d’hier, d’aujourd’hui et de demain (Grever, 2009). Les SHS permettent aux élèves de comprendre les enjeux actuels en maîtrisant des concepts complexes et en étant en mesure de les replacer dans un contexte sociopolitique, historique et géographique (Koerber, 2011). Les chercheurs émergents dans le domaine de recherche de la didactique des SHS proposent un renouvellement des objets de recherche pertinents pour mieux comprendre ce monde complexe. Leurs recherches mettent en lumière des enjeux clés et explorent des pistes de solution prometteuses pour améliorer la formation de citoyens capables de penser un monde complexe de manière critique et engagée.
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