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Sidi Mohamed Tounkara : École normale supérieure
En chimie de l’environnement, des auteurs d’ouvrage utilisent souvent la même représentation iconique ou le même langage quotidien pour le macroscopique et le microscopique, sans préciser à chaque fois, les structures praxéologique et théorique en jeu. En éducation environnementale, cela peut être source de difficultés dans la conceptualisation de la chimie. L’objectif de ce travail consiste donc à identifier de tels types de représentations dans l’étude du phénomène d’effet de serre. Nous avons donc procédé à deux types d’analyses d’un ouvrage de chimie de l’environnement de De Boeck Supérieur et à une investigation auprès de 22 élèves-professeurs.
Les résultats de l’analyse sémiotique, au sens de Peirce, montrent l’existence de modèles macroscopiques explicatifs et microscopiques interprétatifs, mais à partir des mêmes types de signes iconique et symbolique. Par contre, l’analyse écologique des savoirs, montre une hiérarchisation des occurrences des trois niveaux de la chimie au sens de Johnstone. Les résultats auprès des élèves-professeurs, montrent la nécessité d’un emboitement de modèles moléculaires
Ce colloque pluridisciplinaire sur la sémiotique est organisé en collaboration avec l’Université Claude Bernard Lyon 1, l’Université du Québec en Outaouais et DDV International – Tunisie.
L’approche sémiotique se situe aux fondements épistémologiques des savoirs scientifiques et de tout apprentissage humain, puisque le processus de construction et d’interprétation de signes est inhérent à la construction et à l’appropriation de connaissances. Par conséquent, cette approche paraît prometteuse, puisqu’elle permet au formateur d’engager l’apprenant dans une démarche dynamique d’appréhension du monde et, par ce fait même, de développer son autonomie. Notre colloque est articulé autour des enjeux liés à l’utilité et aux usages effectifs de la sémiotique dans divers contextes éducatifs, formels ou non formels, comme ceux de la formation scolaire ou universitaire et de la formation des adultes, notamment celle de l’alphabétisation. Ainsi ce colloque invite des acteurs du monde éducatif, formateurs, chercheurs et administrateurs qui utilisent ou veulent utiliser cette approche, à partager leurs expériences diversifiées, vécues ou envisagées, établissant un dialogue sur leurs avancées théoriques, méthodologiques et empiriques.
Les communications retenues s’inscrivent dans l’un des deux axes suivants, permettant d’organiser les discussions entre formation, recherche et pratique :
Axe 1 : Outils et méthodes permettant de mieux comprendre les processus de coconstruction d’un système de signes amenant l’apprenant à donner du sens à sa démarche d’apprentissage. Il s’agit d’examiner les conditions épistémologiques propices à une recherche conjointe de sens dans une lecture sémiotique de la situation d’apprentissage, afin que celle-ci soit porteuse de nouvelles connaissances ou compétences.
Axe 2 : Outils et méthodes permettant de mieux comprendre l’usage des concepts et outils d’analyse sémiotique. Il s’agit d’examiner la mise en œuvre de la tripartition du signe (indice, icône, symbole) dans une démarche éducative, qu’elle soit didactique, artistique ou de recherche, mettant en jeu des relations entre objets du monde dit réel, sa représentation matérielle et une construction d’idées, de mots au service de la conceptualisation et de la modélisation desdits objets.
Les propositions pour chaque axe s’attachent à dégager dans quelle mesure le développement d’une approche sémiotique, qui force à rendre explicite le processus de construction de connaissances, et plus spécifiquement le rapport au monde, comme un traitement sémiotique, contribue à une formation, à une autonomisation de la pensée ainsi qu’à un nouveau rapport à soi et au monde.
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