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Marianne Schmid Mast : Université de Lausanne
L'observation d'un modèle de rôle afin que le comportement de ce dernier puisse être imité est un élément important du processus d'acquisition des compétences interpersonnelles. La recherche montre que plus le modèle de rôle ressemble à l'apprenant-e, plus l'apprentissage est efficace. Nous poussons cela à l'extrême en testant si les gens apprennent à être plus expressifs sur le plan non verbal (e.g., utiliser plus de gestes), dans une situation de prise de parole en public, après s’être observé-e eux/elles-mêmes en tant que modèle de rôle. Comment peut-on s’observer soi-même maitrisant la compétence à apprendre ? Grâce aux nouvelles technologies, telles que la réalité virtuelle (RV) et l’intelligence artificielle (technologie PoseTransfer basée sur l’apprentissage profond). Nous présenterons deux études dans lesquelles les participant-es ont observé un modèle de rôle démontrant une meilleure expressivité non verbale. Ce modèle de rôle leur était inconnu ou leur ressemblait (i.e., un avatar développé sur base de photos du participant-e–RV–ou une vidéo synthétisée du participant-e pour qu’il/elle apparaisse comme plus expressif-ive–PoseTranfer). Nous avons trouvé un soutien initial limité à notre hypothèse selon laquelle les gens amélioreraient leur expressivité non verbale quand ils s’observaient eux-mêmes être plus expressifs. Enfin, nous discuterons des avantages et inconvénients liés à l'utilisation des deux technologies pour l'étude du comportement non verbal.
La communication non verbale fait l’objet de milliers de publications scientifiques. La reconnaissance des expressions faciales, la sensibilité interpersonnelle ainsi que l’influence de la maladie mentale, de l’âge et de la culture sur la communication non verbale ne sont que quelques-uns des enjeux étudiés par une communauté internationale de chercheur.e.s provenant de différents pays (p. ex., États-Unis, Angleterre, Canada, Pays-Bas, Australie) et domaines de recherche. La psychologie, la psychiatrie, la communication, la biologie, la criminologie, l’éthologie, l’informatique et le génie, entre autres, s’intéressent à la communication non verbale (Plusquellec et Denault, 2018). Pour le milieu professionnel œuvrant en ressources humaines, en santé, en justice et en éducation, entre autres, les connaissances sur la communication non verbale ayant fait l’objet d’évaluations par les pairs représentent une incroyable source de connaissances afin de développer de meilleures pratiques. Malheureusement, leur impact dans la francophonie soulève des questions. En effet, par rapport à l’information scientifique, la diffusion de notions n’ayant fait l’objet d’aucune évaluation par les pairs explose. Des articles dans la presse écrite, des séries télévisées telles que Lie to Me et des vidéos sur YouTube vues par des millions de personnes, par exemple, proposent des notions douteuses pour « décoder » le comportement humain. Les conséquences d’une telle situation ne sont pas à négliger. En effet, non seulement les notions douteuses peuvent nuire à la prise de décisions éclairées, mais pendant ce temps les connaissances scientifiques qui pourraient aider les professionnels et le grand public sont négligées. Devant un tel constat, la valorisation des connaissances scientifiques sur la communication non verbale dans la francophonie paraît essentielle.
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