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Stéphane Couture : Université de Montréal
Cette communication vise à proposer un dialogue entre les approches de la communication constitutive des organisations (CCO) et les études sur les sciences, technologies et sociétés (STS - Science and Technology Studies), en particulier les travaux STS se situant à l’intersection du champ de la communication et abordant des objets tels que les technologies numériques. En effet, bien que les études STS ne citent pas explicitement les auteurs et autrices liées à la CCO, plusieurs références théoriques et préoccupations épistémologiques apparaissent semblables. L’objectif de cette présentation sera de faire ressortir ces similitudes et différences entre les approches CCO et les approches STS. Dans un premier temps, il s’agira de circonscrire brièvement ce que j’entends respectivement par approches STS et approches CCO. Dans un deuxième temps, j’analyserai plus systématiquement un échantillon d’études et de publications en STS de façon à faire ressortir ce qui m’apparaît comme des similitudes et divergences avec les approches CCO. Finalement, je porterai un regard sur mes propres travaux de recherche en cours, et tenterai de voir quels rapprochements il pourrait être intéressant de faire avec les approches CCO. Cette communication doit donc être appréhendée comme une contribution « externe » aux approches CCO, de la part d’un chercheur (moi-même) observant de loin ces travaux depuis un certain temps, mais souhaitant entrer en dialogue avec ceux-ci.
La recherche sur la communication constitutive des organisations : quelles spécificités théoriques, méthodologiques et pratiques en marge des courants anglo-saxons?
Au cours des dernières années, plusieurs chercheurs et chercheuses en communication organisationnelle, avec parmi eux de nombreux Québécois et Français, ont proposé l’idée que la communication est constitutive des organisations (CCO), une perspective surtout portée par les textes anglo-saxons. Si le terme CCO a été consacré au tournant du siècle par des chercheurs américains, l’influence francophone des 20 dernières années, même plus, sur ce courant est indéniable. De fait, on peut faire remonter l’émergence de l’approche constitutive à l’ouvrage de 1988 de James R. Taylor, Une organisation n’est qu’un tissu de communications, et repérer l’influence de la philosophie et de la sociologie de langue française, notamment les écrits de Bruno Latour, la narratologie de Greimas et la philosophie de Derrida ou de Gilbert Simondon. En parallèle, en France, les « approches communicationnelles des organisations » (ACO) se sont développées pour comprendre l’organisation par la communication, en donnant un pouvoir explicatif « à la construction et au partage du sens, à l’interprétation, aux cadres de pensée et aux représentations » (Bouillon et al., 2007).
Alors que les approches constitutives s’institutionnalisent et sont de plus en plus reconnues, même au-delà des frontières de la communication organisationnelle, et que 20 ans ont passé depuis que le terme CCO a été proposé, il est temps d’explorer, voire de valoriser la spécificité de la recherche autre qu’anglophone dans le domaine.
Notre intention n’est pas ici de donner lieu à une confrontation ou d’opposer la production anglo-saxonne aux autres, mais bien d’en montrer les différences, les convergences, les chemins de traverse et les innovations, de façon à, in fine, enrichir le spectre des connaissances entourant les approches CCO.
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