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Séverine Mayol : Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
En matière de soutien à domicile, les personnels rémunérés occupent une place névralgique dans la relation de care tout en assumant des statuts relativement précaires dans leur établissement d’attache (public, OBNL, agence privée) ou en contrat gré à gré avec les personnes aidées et leurs familles. Leur position sociale se prête à une analyse d’investigation double : comment susciter la confiance d’autrui et à quelles conditions donner sa confiance. Le travail d’aide à domicile s’exerce dans l’espace de l’intimité où les professionnelles et les auxiliaires de vie, à majorité féminine, doivent utiliser leurs compétences formelles et leurs ‘trucs du métier’ pour créer un climat de confiance. Réciproquement, dans des situations variées de domination, de pouvoir ou de précarité sur le personnel, celles-ci savent à qui distribuer leur confiance ou jusqu’où la donner. Sur la base du matériau empirique de l’enquête France-Québec de l’équipe Ficopsad de 2018-2019, nous montrons que dans l’aide à domicile, la confiance est rarement volontaire et souvent imposée. Mais qu’en dépit de la vulnérabilité des aînés, d’une part, et de la précarité du personnel, d’autre part, le jeu de la confiance offre des marges de manœuvres. Nous insisterons sur les manières qu’ont les intervenantes de construire la confiance et d’atteindre un accompagnement de qualité et de l’autonomie dans le travail et, in fine, de juger de leurs propres compétences professionnelles.
Le concept du Welfare Mix a surgi au cours des années 1980 pour mettre en lumière l’apport des proches (familles, amis, voisinage), des entreprises du secteur marchand et des organismes du tiers secteur (économie sociale et solidaire et organismes communautaires) aux côtés des institutions du secteur public dans la transformation de l’État social (Evers et Wintersberger, 1990). Cette contribution des différents producteurs de services dans l'intervention de proximité et du maintien des personnes âgées dans la communauté a pris de l’ampleur depuis le début des années 2000 tant sur le plan du financement, que des modes de régulation et de la prestation des services. Dans un contexte de vieillissement accéléré de la population, cette mixité de ressources a fait surgir certains enjeux liés non seulement à la gratuité, l’universalité et la qualité des services, mais aussi à l’expression de différents registres de professionnalités au sein des équipes d’intervention (incluant l'éthique du care), à l’évolution du statut de certains prestataires de services, à l’expression des besoins des usagers ainsi qu’à la coconstruction des pratiques et des politiques structurant l’offre de services (Jetté et Lenzi, à paraître). Cette mixité n’est toutefois pas exempte d’ambiguïtés puisqu’elle a également contribué à l’établissement de nouveaux cadres institutionnels qui ont pu susciter à leur tour, selon les périodes et les contextes locaux et nationaux, l’émergence de pratiques innovantes et de nouveaux impératifs pour l’action publique dans la réponse aux besoins des personnes (Lascoumes et LeGalès, 2018). Ce colloque vise à faire le point sur l’évolution et la configuration de ce Welfare Mix au Québec, en France et ailleurs suite aux diverses mesures, politiques et réformes adoptées par les différentes instances administratives et politiques pour favoriser le maintien dans la communauté des aînés et des autres publics ayant des besoins de soutien à l’autonomie.
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