Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Valérie Bienvenue : Université de Montréal
« L’ubiquité des images dans les sociétés occidentales se joue sous le régime tentaculaire de la communication » (Lamoureux 2007). De cette multitude, le rôle de l’historienne de l’art est de s’appliquer au décryptage de l’œuvre d’art. Dans le contexte spécifique de l’art de type animalier, comment entendre, et « faire parler », l’animal-sujet? Comment arriver à le convoquer pour le faire exister? Abondamment représentés au cours de l’histoire, les animaux ont été rendus muets. En effet, peu d’historiens ont su tendre l’oreille et ajuster le regard pour faire valoir leur singularité. Cette communication privilégie une espèce en particulier, le cheval. C’est par un enchevêtrement, mariant connaissances en art et expertises équines, qu’une voix sera accordée à certains chevaux issus du milieu de l’art. Dans le monde équestre, le chuchoteur ne parle pas nécessairement au cheval avec qui il est en relation. Cependant, tous ses sens sont en éveil pour que sa capacité d’écoute soit à son paroxysme. Ainsi, devant le cheval du tableau, lorsque la chuchoteuse est aussi historienne de l’art, elle combine deux champs d’expertise où observation et écoute sont garants de meilleures compréhensions interespèces. Admettant d’emblée une part de subjectivité indissociable d’un regard porté sur « l’autre », qui plus est, sur l’animal dont le langage diffère du mien, une mise à jour sera proposée, de « récits trop vites fermés […] des animaux qui n’ont pas eu droit au chapitre » (Despret 2021).
La communication non verbale fait l’objet de milliers de publications scientifiques. La reconnaissance des expressions faciales, la sensibilité interpersonnelle ainsi que l’influence de la maladie mentale, de l’âge et de la culture sur la communication non verbale ne sont que quelques-uns des enjeux étudiés par une communauté internationale de chercheur.e.s provenant de différents pays (p. ex., États-Unis, Angleterre, Canada, Pays-Bas, Australie) et domaines de recherche. La psychologie, la psychiatrie, la communication, la biologie, la criminologie, l’éthologie, l’informatique et le génie, entre autres, s’intéressent à la communication non verbale (Plusquellec et Denault, 2018). Pour le milieu professionnel œuvrant en ressources humaines, en santé, en justice et en éducation, entre autres, les connaissances sur la communication non verbale ayant fait l’objet d’évaluations par les pairs représentent une incroyable source de connaissances afin de développer de meilleures pratiques. Malheureusement, leur impact dans la francophonie soulève des questions. En effet, par rapport à l’information scientifique, la diffusion de notions n’ayant fait l’objet d’aucune évaluation par les pairs explose. Des articles dans la presse écrite, des séries télévisées telles que Lie to Me et des vidéos sur YouTube vues par des millions de personnes, par exemple, proposent des notions douteuses pour « décoder » le comportement humain. Les conséquences d’une telle situation ne sont pas à négliger. En effet, non seulement les notions douteuses peuvent nuire à la prise de décisions éclairées, mais pendant ce temps les connaissances scientifiques qui pourraient aider les professionnels et le grand public sont négligées. Devant un tel constat, la valorisation des connaissances scientifiques sur la communication non verbale dans la francophonie paraît essentielle.
Titre du colloque :