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Julie Cloutier : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le modèle JDC (Job Demand - Control Model; Karasek, 1979) est le plus souvent mobilisé pour étudier l’effet des caractéristiques du travail sur la détresse psychologique. Selon ce modèle, les travailleurs risquent de souffrir de détresse psychologique lorsque le travail qui est exigé (demande psychologique) excède ce qu’ils sont en mesure d’accomplir compte tenu des contraintes (faible latitude décisionnelle). Or, les études sur le sujet ont fait ressortir des résultats contradictoires qui ont donné lieu à de nombreuses critiques. Pour éclairer le débat, plusieurs chercheurs ont souligné l’importance de vérifier empiriquement la logique qui explique l’effet des variables. Notre étude vise ainsi à vérifier trois mécanismes psychologiques qui sous-tendent le modèle JDC : 1) la crainte de ne pas satisfaire les attentes, 2) la fatigue et 3) l’insatisfaction à l’égard du travail accompli.
Les données ont été collectées à l’aide d’un questionnaire électronique (en deux temps) auprès de 791 employés non enseignants provenant de 11 établissements universitaires. Nos résultats mettent en lumière la manière dont la demande psychologique et la latitude décisionnelle agissent et interagissent pour influencer la détresse psychologique, ce qui contribue à expliquer les résultats discordants obtenus antérieurement. De nos résultats émergent des pistes de solution visant à atténuer l’effet de la demande psychologique et à accroître l’effet de la latitude décisionnelle.
Conjuguer santé et travail n’a jamais été aussi difficile. Les constants changements socioéconomiques, technologiques et organisationnels favorisent une intensification du travail et une amplification des attentes de performance et de productivité. Ces pressions ont un coût substantiel : une enquête du Conference Board of Canada (2017) rapporte que le stress au travail coûte au pays près de 50 milliards de dollars, dont 32,3 milliards sont liés à la dépression et 17,3 milliards sont liés à l’anxiété. La dépression est d’ailleurs reconnue par l’Organisation internationale du travail (2018) comme la première cause d’invalidité dans le monde.
En parallèle, les besoins de la population active en matière de santé et de qualité de vie au travail s’accroissent. La conciliation entre les attentes des organisations et les besoins des individus passe par le développement des connaissances en santé organisationnelle. Ce champ d’études est ancré dans une tradition multidisciplinaire (management, santé et sécurité du travail, relations industrielles, psychologie, ergonomie, santé publique, etc.) sous-tendant des enjeux multicausaux complexes (Dagenais-Desmarais et coll., 2013). L’effervescence actuelle des publications en santé organisationnelle peut s’expliquer par le fait qu’elle englobe plusieurs enjeux fondamentaux liés à la productivité des organisations, et cela, dans le respect des personnes qui y travaillent.
Malgré les avancées scientifiques et le développement de pratiques exemplaires dans le domaine, force est de constater que nous avons encore du chemin à parcourir pour que les organisations saines deviennent la norme dans notre société. Ce colloque a comme objectif de faire le point sur les derniers travaux en santé organisationnelle et de se concerter entre chercheurs, étudiants, décideurs et utilisateurs afin de valoriser le transfert de nos connaissances vers les milieux de travail.
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