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Karine Meier : UQO - Université du Québec en Outaouais
Ce projet de recherche s’intéresse à l’intégration du management interculturel au sein des équipes multiculturelles au Canada. La recension des écrits a montré que l’intégration des immigrants et la gestion des équipes multiculturelles ont été étudiées. Cependant, cela a fait ressortir la lacune de recherche académique sur la gestion des équipes multiculturelles dans les organisations publiques canadiennes. Pour répondre à cette question, je propose un arrimage entre les cadres théoriques de la justification de Boltanski et Thévenot (1991) et les dimensions culturelles d’Hofstede (2001). En effet, la théorie d’Hofstede est une théorie ressortie d’une recherche quantitative dans les années 80 et reste très utilisée dans le monde du management. En la fusionnant avec la théorie de la Justification, le but serait de faire ressortir un côté moins rigide des dimensions culturelles et d'apporter un regard plus structuré et moins critique sur les mondes de la Justification. La méthodologie retenue pour cette recherche est l’étude de cas. Cinq cas d’équipes multiculturelles au sein de la fonction publique seront étudiés et des entrevues semi-structurées seront analysées avec le logiciel NVivo, prenant comme catalogue de codification les termes clés des cadres théoriques de Boltanski et Thévenot et d’Hofstede. La collecte des données aura lieu pendant l’hiver 2021. Les résultats et analyses préliminaires seront présentés lors de ce colloque.
Boltanski et Thévenot publiaient en 1991 le cadre théorique De la justification : Les économies de la grandeur, traduit en 2006 dans On Justification: Economies of Worth. Ce cadre apporte une perspective originale insistant sur les processus de critique et de justification (Jagd, 2011) lorsqu’une tension est présente. Cette théorie permet l’étude d’entités complexes dont le « fonctionnement obéit à des impératifs qui renvoient à des formes de généralité différentes, leur confrontation occasionnant des tensions et suscitant des compromis plus ou moins précaires » (Boltanski et Thévenot, 1991, p. 21). Ils proposent que les gens, avec le concours des objets, établissent des ordres de grandeur se rapportant à des systèmes de valeurs distinctifs. Ils en relèvent six qu’ils présentent sous forme de mondes : le monde de l’inspiration, de l’opinion, domestique, civique, marchand et industriel. Le monde des projets (Boltanski et Chiapello, 2007) et le monde vert (Lafaye et Thévenot, 1993) s’ajoutent à ceux-ci. Aucune entité complexe ne peut se comprendre grâce à un seul monde, et dans une société différenciée, l’individu se trouve confronté à des situations relevant de mondes distincts. Une critique et une contrainte de justification apparaissent lorsque les mondes se confrontent. Cela mène soit à la domination d’un monde, soit à la formation d’un compromis permettant de suspendre temporairement le différend. Ce cadre théorique est un outil puissant pour analyser et modéliser plusieurs contextes tant sociologiques qu’organisationnels. Des écrits soutiennent le rayonnement de cette théorie, notamment dans le champ du management. À l’aube du 30e anniversaire du cadre de la justification, il est à se demander : quelles sont les retombées passées et futures de cette théorie dans les recherches en management? Concrètement, ce cadre outille les chercheurs à bâtir une compréhension des controverses. Dans le cadre de ce colloque, nous explorerons les controverses étudiées à l’aide du cadre théorique de la justification sous trois angles : 1) les controverses internes aux organisations; 2) les controverses entre les organisations; et 3) les controverses publiques.
Titre du colloque :