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Amélie Filion : Université de Sherbrooke
La chimiothérapie est un des principaux traitements contre le cancer, ce traitement se base sur l’induction de dommages à l’ADN entrainant la mort des cellules cancéreuses tout en préservant le plus possible les cellules saines du patient. Les cellules cancéreuses ont souvent des défauts au niveau des voies de réparation de l’ADN et dépendent des voies alternatives moins efficaces les rendant plus vulnérables à la chimiothérapie. Rad52 est une protéine utilisée dans les voies alternatives de réparation de l’ADN qui sont la plupart mal caractérisées. Ces voies alternatives sont rarement utilisées par les cellules saines, en revanche, certaines cellules cancéreuses utilisent ces voies pour compenser la perte de l’une des voies principales de réparation de l’ADN. Rad52 devient alors importante pour la prolifération et la survie de ces cellules cancéreuses. Mon projet est un criblage de létalité synthétique CRISPR/Cas9surdes cellules Rad52 KO. Ce criblage a pour but de trouver et de décrire de nouvelles relations de létalités synthétiques avec Rad52. C’est-à-dire d’identifier des gènes dont l’ablation entraînera la mort ou une baisse importante de la prolifération des cellules Rad52 KO. Ces nouvelles relations de létalité synthétique pourraient éventuellement permettre le développement de nouveaux traitements pour certains types de cancer.
Le cancer constitue la 1re cause de décès au Canada. La grande diversité à l’intérieur même des « types » de cancer est un obstacle au développement de thérapies efficaces. Malgré cette hétérogénéité, les cancers partagent des caractéristiques qui sous-tendent la malignité des tumeurs. Deux traits prévalents du cancer sont l’instabilité génomique et la reprogrammation transcriptionnelle.
Des mécanismes cellulaires complexes détectent et réparent les lésions dans l’ADN et préservent l’intégrité du génome. Il est bien établi que les cellules tumorales, malgré leur capacité de prolifération accrue, sont caractérisées par une instabilité génomique. Celle-ci résulte de défectuosités dans la signalisation et la réparation des dommages à l’ADN. Paradoxalement, l’instabilité génomique constitue un point faible des tumeurs exploité cliniquement par des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. Une compréhension moléculaire du maintien de la stabilité du génome est cruciale pour proposer de nouvelles pistes thérapeutiques centrées sur la modulation de la réponse aux dommages à l’ADN.
D’autre part, la réplication et la réparation de l’ADN ainsi que le contrôle de l’expression des gènes nécessitent une régulation très fine de la structure de la chromatine, l’assemblage hautement régulé de l’ADN avec les histones et d’autres facteurs accessoires. La dynamique chromatinienne est modulée par un système complexe impliqué dans toutes les transactions avec l’ADN. Ainsi, des changements dans les programmes d’expression génique, régulés par l’état de la chromatine, peuvent avoir une incidence majeure sur la transformation de cellules normales en cellules prolifératives et envahissantes.
Une caractérisation poussée de la régulation de la structure du génome, incluant l’action de facteurs épigénétiques agissant sur la chromatine, est essentielle pour améliorer notre compréhension des mécanismes moléculaires qui régissent l’oncogenèse. Cela est nécessaire pour établir de nouvelles thérapies contre le cancer.
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