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Défier la conformité anglophone: un partenariat, sa légitimité, et la valorisation des perspectives francophones en études sociales albertaines (1997-2021)

RG

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Raphaël Gani : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

À la fin des années 1990 dans l’ouest et le nord canadien, les programmes d’études étaient principalement sinon exclusivement conçus en anglais. Dans cette présentation, je démontre l’origine et les effets d’une réforme pour contrer la conformité anglophone. Par une recherche historique, j’expose les tenants et aboutissants d’un partenariat entre représentants francophones, autochtones, et anglophones pour écrire un programme commun d’études sociales. Par une analyse de données secondaires (Turgeon et Bernatchez, 2010), je montre les résistances engendrées par un des effets de ce partenariat, soit la valorisation des perspectives francophones en études sociales albertaines de la maternelle à la douzième année (Gani & Scott, 2017). Mon interprétation de groupes de discussion et de sondages illustre que les dispositions (dé)favorables face aux perspectives francophones chez les acteurs éducatifs albertains s'expliquent en partie par leurs représentations à l’égard des partenariats qui fondent leurs pratiques enseignantes, l’Alberta et le Canada. Enfin, par la philosophie politique (Kymlicka, 2003), je propose des critères pour légitimer des partenariats visant la production de programmes d’études en Alberta ou au Québec défiant la conformité anglophone ou francophone à partir de questions reliées à la redistribution (qui décide et comment?; Fraser, 2011), de reconnaissance (quoi valoriser?; Taylor, 1992), et de représentativité (qui est représenté?; Phillips, 1995).

Résumé du colloque

La pandémie actuelle a mis en évidence l’effritement de la confiance citoyenne envers les savoirs scientifiques et une certaine vulnérabilité de la population à l’égard des fausses informations (Weber, 2019). En effet, avec la multiplicité des informations à caractère scientifique et l’éclatement des sources d’informations, notamment dans les médias sociaux, la parole scientifique est parfois confondue avec la parole « dissidente », qui relève de l’opinion. Ainsi, plusieurs s’inquiètent de la relation des adolescents avec ces sources d’informations alternatives (Daoust, 2017). Le développement d’une pensée critique à l’école s’avère essentiel et l’enseignement-apprentissage des sciences humaines et sociales (SHS) peut y contribuer (Lenoir, Hasni et Froelich, 2015).

De fait, l’apport des SHS au développement d’une pensée critique s’exprime de diverses manières, allant du développement d’une méthode d’analyse critique des documents (et des informations) (Gibson et Case, 2017; Seixas et Morton, 2013) à la construction d’une compréhension critique des dynamiques sociales et des jeux de pouvoir qui opèrent dans chaque phénomène social (Gibson, 2020), en passant par le développement d’une culture historique, géographique et politique capable de soutenir une réflexion informée sur le monde pluraliste d’hier, d’aujourd’hui et de demain (Grever, 2009). Les SHS permettent aux élèves de comprendre les enjeux actuels en maîtrisant des concepts complexes et en étant en mesure de les replacer dans un contexte sociopolitique, historique et géographique (Koerber, 2011). Les chercheurs émergents dans le domaine de recherche de la didactique des SHS proposent un renouvellement des objets de recherche pertinents pour mieux comprendre ce monde complexe. Leurs recherches mettent en lumière des enjeux clés et explorent des pistes de solution prometteuses pour améliorer la formation de citoyens capables de penser un monde complexe de manière critique et engagée.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Antoine Gauthier-Trépanier
section icon Date : 3 mai 2021

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