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Olivier Morissette : Ministère provincial
Parmi les menaces à la biodiversité et l’intégrité biotique des écosystèmes, la présence d’espèces exotiques envahissantes s’impose comme une problématique émergente incontournable. Le taux d’introduction et l'impact de ces espèces au Québec se sont accrus ces dernières décennies. Détecter ces espèces est un défi important, surtout en milieu aquatique, où les envahisseurs sont couramment détectés longtemps après l’introduction. Gérer cette problématique nécessite de considérer simultanément plusieurs perspectives (scientifique, économique, sociale et règlementaire), et le recours à des stratégies de lutte intégrée. Avec le programme québécois de lutte contre les carpes asiatiques et autres espèces aquatiques envahissantes (2016), le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs est devenu un acteur important dans ce domaine. Ce programme, basé sur trois axes (prévention, surveillance et contrôle), utilise de récentes avancées scientifiques, des collaborations internationales et l’incontournable participation des citoyens. Les outils dont disposent les gestionnaires québécois incluent notamment la détection d’ADN environnemental, la télémétrie acoustique et la chimie des otolithes. De plus, le programme vise à quantifier les risques de dispersion des espèces aquatiques envahissantes à partir du fleuve Saint-Laurent. Cette présentation vise à faire un portrait de la situation et à présenter les perspectives de la lutte aux espèces aquatiques envahissantes.
La surexploitation, la récolte sélective, la pollution, l’invasion par des espèces exotiques et les changements climatiques représentent des défis de taille pour la persistance des populations animales sauvages. Ces bouleversements, majoritairement causés par l’Homme, mènent certaines espèces au gouffre de l’extinction. La littérature suggère toutefois que d’autres espèces s’ajustent ou modifient leur distribution pour fuir vers des environnements plus favorables; d’autres encore pourraient devenir surabondantes, voire nuisibles. L’entrée à l’ère de l’Anthropocène est marquée par des changements globaux qui affectent déjà les espèces animales aux échelles populationnelle, individuelle et génétique. Les populations humaines pourraient aussi avoir à s’adapter à un nouvel environnement dans un avenir rapproché.
Un des grands défis auquel nous faisons actuellement face, et qui prendra de l’ampleur avec l’intensification des activités humaines, est de prévoir les conséquences démographiques de ces activités afin d’assurer une gestion adéquate des populations animales sauvages. Puisqu’à l’ère de l’Anthropocène, l’Homme est aussi une partie intégrante de la nature, un défi supplémentaire consiste à tenir compte des considérations sociales dans l’élaboration des pratiques de gestion de la faune. Pour y arriver, rassembler et mettre à jour les connaissances actuelles dans un esprit de collaboration est d’une importance cruciale. Prédire les conséquences des scénarios futurs l’est tout autant pour cibler les actions adéquates à entreprendre en gestion et conservation de la faune. De plus, en touchant une myriade d’espèces de tous les milieux, ce défi transcende les frontières disciplinaires. Des experts de plusieurs disciplines scientifiques sont et seront donc appelés à collaborer et à travailler ensemble pour atteindre des objectifs visant à préserver la biodiversité dans une ère marquée par l’activité humaine. Ce symposium représente donc une occasion tout à fait indiquée pour rassembler les experts de disciplines variées et les non-experts qui désirent discuter, mettre à jour leurs connaissances et faire part de leurs découvertes sur le sujet de la gestion des populations animales à l’ère de l’Anthropocène.
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