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Développer sa pensée à partir de la discussion sur les thèmes sensibles en classe

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Sivane Hirsch : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

L’étude des génocides, des pratiques religieuses et leur place en société ou encore l’éducation à la sexualité sont quelques exemples de thèmes qui peuvent devenir sensibles en classe. Ces thèmes sont sensibles parce qu’ils touchent les valeurs et les représentations sociales, des enseignant-e-s comme des élèves, ils font partie de l’actualité, sont débattus entre experts et sont complexes (Hirsch, 2020). Alors que les enseignant.e.s préfèrent souvent les éviter, les élèves semblent les apprécier. Ils contribuent à leurs apprentissages, mais aussi à leur engagement scolaire (Hess & Mcavoy, 2015). Ainsi, les thèmes sensibles s’imposent aux enseignants, justement parce qu’ils s’inscrivent dans l’actualité politique, sociale, médiatique et parce qu’ils sont amenés par les élèves dans la classe.

Dans cette présentation, je propose de réfléchir à la manière dont cet enseignement contribue au rôle social de l‘école : quel rôle joue l’école dans la réflexion des élèves sur ces enjeux sociaux? Quelle place doit être accordée à la pluralité de visions du monde? Comment peut-on enseigner les thèmes sensibles sans « politiser » l’école? Comment adopter notre pédagogie pour qu’elle soit respectueuse sans limiter l’ampleur des apprentissages?

En offrant l’occasion de vivre une expérience différente de l’apprentissage d’outils de la pensée, l’enseignement des thèmes sensibles contribue-t-il à transformer la pensée des élèves?

Résumé du colloque

La pandémie actuelle a mis en évidence l’effritement de la confiance citoyenne envers les savoirs scientifiques et une certaine vulnérabilité de la population à l’égard des fausses informations (Weber, 2019). En effet, avec la multiplicité des informations à caractère scientifique et l’éclatement des sources d’informations, notamment dans les médias sociaux, la parole scientifique est parfois confondue avec la parole « dissidente », qui relève de l’opinion. Ainsi, plusieurs s’inquiètent de la relation des adolescents avec ces sources d’informations alternatives (Daoust, 2017). Le développement d’une pensée critique à l’école s’avère essentiel et l’enseignement-apprentissage des sciences humaines et sociales (SHS) peut y contribuer (Lenoir, Hasni et Froelich, 2015).

De fait, l’apport des SHS au développement d’une pensée critique s’exprime de diverses manières, allant du développement d’une méthode d’analyse critique des documents (et des informations) (Gibson et Case, 2017; Seixas et Morton, 2013) à la construction d’une compréhension critique des dynamiques sociales et des jeux de pouvoir qui opèrent dans chaque phénomène social (Gibson, 2020), en passant par le développement d’une culture historique, géographique et politique capable de soutenir une réflexion informée sur le monde pluraliste d’hier, d’aujourd’hui et de demain (Grever, 2009). Les SHS permettent aux élèves de comprendre les enjeux actuels en maîtrisant des concepts complexes et en étant en mesure de les replacer dans un contexte sociopolitique, historique et géographique (Koerber, 2011). Les chercheurs émergents dans le domaine de recherche de la didactique des SHS proposent un renouvellement des objets de recherche pertinents pour mieux comprendre ce monde complexe. Leurs recherches mettent en lumière des enjeux clés et explorent des pistes de solution prometteuses pour améliorer la formation de citoyens capables de penser un monde complexe de manière critique et engagée.

Contexte

section icon Thème du congrès 2021 (88e édition) :
Du jamais su
Discutant-e- de la session : Sabrina Moisan
section icon Date : 3 mai 2021

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